Columbia International Affairs Online
CIAO DATE: 11/5/2007
Le Maghreb stratégique
April 2006
Abstract
La première partie de nos travaux consacrés au Maghreb Stratégique, pour lesquels nous avions donné la parole en juin 2005 à deux Algériens, un Tunisien et un Français, avait mis en évidence les trois points suivants: la valeur stratégique du Maghreb n’est pas la somme de chacun des pays qui le composent, chaque Etat ayant ses propres atouts, ses intérêts et ses contraintes; la sécurité de l’ensemble maghrébin reste tributaire de transformations internes politiques, économiques et sociales tout autant nécessaires que difficiles à mettre en oeuvre; les cadres de coopération régionale et internationale tardent à trouver une forme efficace.
Dans cette seconde partie, nous complétons d’abord les points de vue nationaux en ouvrant notre tribune à un Marocain et à un Mauritanien. Dans les deux cas, les auteurs s’interrogent sur la capacité de leur pays à participer à la sécurité de la Méditerranée, en particulier par le biais de coopérations régionales et sous-régionales. Comme les auteurs du numéro précédent, Fouad Ammor et Mohamed Lemine Ould Haless soulignent aussi la nécessité de transformations internes importantes, tout en relevant les responsabilités de l’environnement international et en particulier euro-atlantique. Deux points de vue transversaux viennent ensuite ouvrir de nouvelles perspectives d’analyse. D’une part, la question des coopérations régionales est examinée dans le cadre plus général du régionalisme dans le monde arabe. Ferdaous Ben Sassi et Mehdi Taje examinent ainsi les avancées positives mais aussi la relative faiblesse de trois cadres principaux de coopération -la Ligue des Etats arabes, le Conseil de Coopération du Golfe et l’Union du Maghreb arabe- pour en tirer des conclusions générales sur les causes de leur relative impuissance et les perspectives d’une transformation indispensable. D’autre part, Laurence Ammour analyse les évolutions des sociétés des trois pays du Maghreb central. Elle met en évidence la contradiction toujours plus importante entre les changements profonds qui font avancer les populations et l’immobilisme politique des régimes, pour en conclure que cette contradiction porte en soi les germes d’une instabilité profonde.