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  • Author: Julien Jeandesboz
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Officiellement lancée par une communication de la Commission européenne en mars 2003, la PEV se propose de traiter des relations entre l'UE et l'ensemble des espaces géographiques et politiques qui lui sont contigus. Elaborée principalement au sein des arènes communautaires, et notamment par les professionnels de la gestion des relations extérieures communautaires, elle entérine pourtant l'intégration d'un discours sur la menace dans la conduite des relations avec les pays du voisinage, et place la gestion des insécurités au cour de ses priorités. Nous nous proposons d'explorer ce paradoxe apparent au travers d'une reconstruction de la genèse de la politique de voisinage, qui met en relation les discours autorisés produits sur le voisinage depuis janvier 2002, et les usages de ces discours dans les pratiques des agents chargés de l'élaboration de la PEV.
  • Author: Thierry Balzacq
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La politique européenne de voisinage (PEV) est un dispositif intégré, particulièrement ambitieux, de politique étrangère. Son but principal est de s'assurer que les frontières externes de l'Union européenne (UE) n'entravent les échanges commerciaux, la coopération régionale, les interactions sociales et culturelles. Les processus de la PEV combinent donc, d'un seul tenant, les trois piliers de l'Union
  • Author: Thierry Balzacq
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'élargissement de décembre 2004 a soulevé, pour l'UE, des questions stratégiques redoutables. Comment canaliser – et endiguer – les aspirations des uns et des autres à l'adhésion, sans compromettre la qualité des relations qu'elle souhaite entretenir avec les nouveaux Etats voisins ? Comment, dans ces conditions, construire une communauté de sécurité pluraliste à l'intérieur de l'espace de l'Union, sans que les voisins ne se sentent exclus ou – ce qui charrie des conséquences similaires – menacés ? Enfin, comment impliquer ces derniers dans la gestion des questions cruciales pour l'UE (immigration illégale, crime organisé, terrorisme, énergie) sans que cela ne soit vécu comme de l'ingérence ? De telles questions ne sont évidemment pas neutres par rapport à l'idée plus ou moins précise de ce que l'UE voudrait être, bien qu'elles ne se confondent pas avec elle. En effet, pour le dire autrement, l'élargissement n'a pas fait qu'intégrer de nouveaux Etats-membres, elle a aussi eu pour résultat immédiat d'instituer des lignes de séparation inédites et, par la suite, de porter les frontières externes de l'Union, à l'Est essentiellement, au contact d'une constellation de voisins jugés différents du point de vue économique, social et politique.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Ruben Zaiotti
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La sécurité est un élément central de la Politique européenne de voisinage (PEV), une initiative récente de l'Union européenne à l'attention des pays qui, depuis la dernière vague d'élargissement de l'Union, se trouvent désormais aux frontières extérieures de l'Europe 1. L'objectif affiché de la PEV est en fait d'établir, autour des bordures de l'Europe, un « "cercle d'amis" – caractérisé par des relations étroites et pacifiques fondées sur la coopération 2 ». En d'autres termes, l'Europe rêve de la création d'une « communauté de sécurité 3 » pan régionale. Pour y parvenir, la PEV s'est dotée d'une série de mesures ayant pour but de protéger l'UE et ses voisins de menaces communes comme le terrorisme, l'immigration clandestine et le trafic de stupéfiants. Ces mesures sont toutefois présentées comme corollaires à la principale motivation qui voudrait que la PEV garantisse que cette communauté de sécurité devienne une réalité, notamment la promesse faite aux voisins de leur offrir un accès élargi au marché commun.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Sarah Wolff
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Au lendemain de la fin de la Guerre froide, les phénomènes de la « déterritorialisation » des menaces ainsi que de la reconceptualisation de la notion de frontières accompagnaient une transformation du concept de sécurité européenne. La globalisation et la transnationalisation des menaces ont en effet provoqué une altération progressive des notions de frontières intérieures et extérieures. Les frontières contemporaines, produit de constructions sociales et de cadres cognitifs, sont le résultat de l'émergence de nouvelles communautés sécuritaires qui dressent de nouvelles frontières entre « insiders » et « outsiders » Les entités géographiques comme l'Europe définissent leurs frontières selon leur propres perceptions et pratiques sécuritaires. Cela a conduit à l'apparition de nouveaux discours qui « ne font plus la distinction entre sécurité intérieure et sécurité extérieure », et se caractérisent par une vision large de la notion de sécurité, y incluant les questions énergétiques, les droits de l'Homme, les questions migratoires mais également le crime organisé.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Olivier Cahn
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Procéder à l'étude d'une décision de justice cinq ans après qu'elle a été rendue ne fait pas sens a priori . Cependant, deux motifs justifient de passer outre cette réserve. En premier lieu, un ouvrage publié récemment contient une anazlyse de cet arrêt qui confirme que, faute pour ce dernier d'avoir jusqu'à présent fait l'objet d'un commentaire par la doctrine française, l'appréhension de son apport et de ses implications demeure largement erronée En second lieu, et de manière plus déterminante, envisagée dans une perspective contemporaine et à la lumière d'éléments récents, il apparaît que cet arrêt présente une actualité pro- pre à alimenter, non la polémique, mais bien la réflexion. Il participe en effet d'une critique du traitement réservé par l'institution judiciaire française à l'acti- vité des services de police qui conserve sa pertinence et son acuité.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Rayan Haddad
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Une analyse relationnelle axée sur les logiques d'action concurrentes d' Al Qaïda 2 et du Hezbollah peut de prime abord surprendre le lecteur méconnaissant la scène moyen-orientale. Les deux parties, malgré leurs distinctions identitaires (et pas n'importe lesquelles puisque la division « sunnite / chiite » est un peu partout présentée comme la « clef de voûte analytique » d'un Orient finalement bien compliqué...), ne relèvent-elles pas finalement d'un même phénomène d'islamisme radical décrié par un grand nombre de médias contemporains ? L'approche peut de même provoquer un froncement de sourcils chez ceux qui connaissent mieux la géopolitique régionale. Malgré la similitude parfois de leur mode de violence opérationnel (« kamikaze »), la mouvance salafiste jihadiste n'est-elle pas la manifestation d'une contestation fanatique et déterritorialisée de l'ordre mondial, alors que le « parti de Dieu » s'inscrit dans l'optique de la libération (« légitime ») d'un territoire national ? Comment dès lors parler de concurrence ? Les deux parties n'ont pas les mêmes référents idéologiques (khomeynisme / salafisme), pas la même définition de leur champ d'action ni – par conséquent – la même hiérarchisation (effective et non rhétorique) de l'ennemi (Israël dans un cas, les Etats-Unis et l'Occident dans l'autre), pas les mêmes valeurs jihadistes (illégitimité / légitimité de prendre pour cible des civils occidentaux), pas la même organisation structurelle (fortement centralisée / décentralisée), et ne s'adresseraient pas a priori à un même public islamiste (localiste ou régionaliste d'une part, transnational de l'autre). En réalité, bien qu'elle soit virtuelle et à distance, l'objet de cet article est de montrer qu'il y a bel et bien dans certains cas concurrence idéologique entre le Hezbollah et Al Qaïda au niveau de la captation des cours et des esprits d'une audience panislamique mondiale, conduisant (peut-être parfois) à une logique de mimétisme, mais surtout à des stratégies de distinction entre les deux parties. Cette concurrence a pour toile de fond un contexte moyen-oriental où les sentiments anti-impérialistes battent son plein, et où l'on observe un processus de réactivation d'identités religieuses transfrontalières questionnant la légitimité de l'ordre régional. Nous proposons de présenter tout d'abord les contextes respectifs d'émergence des contestations khomeynistes et salafistes jihadistes.
  • Political Geography: Afghanistan
  • Author: Miriam Perier, Jill Magid
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Mon intérêt s'est alors tourné vers les caméras comme représentations. De pouvoir ? De sécurité ? Etaient-elles des outils ou bien simplement des gargouilles ? J'ai commencé à les observer comme des ornements architectu- raux et à les traiter comme tels. Après avoir recouvert de bijoux certaines des caméras situées près de mon studio et constaté que, avant cela, personne dans le quartier n'avait remarqué leur présence, j'ai voulu poursuivre cette expérience. J'ai alors contacté le bureau central de la police d'Amsterdam pour savoir si je pouvais ornementer les caméras sur leurs façades. Ils refusèrent net toute relation de travail avec une artiste. J'ai alors créé mon entreprise, System Azure, et suis revenue vers eux avec la même proposition. Ils ont accepté et, de fait, ils m'ont embauchée : " Jill Magid Head Security Ornamentation Professional of System Azure " »
  • Author: Christian Olsson, Pauline Vermeren
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Au-delà des discours souvent standardisés et galvaudés sur les « nouvelles missions » militaires en opération extérieure (« Opex ») de « paix » ou de « stabilisation », ce numéro de Cultures Conflitsse propose de déplacer le regard sur ces pratiques internationales de coercition pour les éclairer par un certain nombre de problématiques historiques, politiques et sociologiques plus larges. Ce « décentrement » du regard découle ici de trois constats.
  • Topic: War, Military Strategy
  • Author: Thomas Lindemann
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Lorsque l'armée américaine prend, le 9 avril 2003, le contrôle de Bagdad, rien ne laisse présager qu'elle deviendra l'ennemi de la population irakienne. Si les troupes américaines ne reçoivent pas l'accueil triomphal espéré, leur présence est pour autant saluée par de nombreux Irakiens dans l'espoir d'éviter le retour du régime baasiste. Ils sont convaincus que leur « sort ne peut que s'améliorer après des années de souffrance ». Quatre ans plus tard, le bilan de l'action américaine semble pour le moins mitigé : des milliers de soldats ont été tués, les attentats contre les forces armées américaines et le régime en place sont devenus quotidiens. En outre, des cas de torture et de mauvais traitements mettant en cause des soldats américains sont apparus au grand jour. Même les observateurs les plus optimistes n'imaginent pas que les violences civiles pourraient rapidement cesser.
  • Topic: Population
  • Political Geography: Canada
  • Author: Christian Olsson
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Chaque fois que les incidents de guerre obligent l'un de nos officiers à agir contre un village [...], il ne doit pas perdre de vue que son premier soin, la soumission des habitants obtenue, sera de reconstruire le village, d'y créer un marché, d'y établir une école. C'est de l'action de la politique et de la force que doit résulter la pacification du pays et l'organisation à lui donner plus tard ». Général Gallieni, instructions fondamentales du 22 mai 1898 à Madagascar.
  • Political Geography: France, Tamil Nadu
  • Author: Christian Olsson
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: "Cada vez que los incidentes de guerra obligan a uno de nuestros oficiales a actuar contra una población [...], no debe olvidar que su primera preocupación, una vez que se haya obtenido la sumisión de sus habitantes, ha de ser la de reconstruir dicha población, crear un mercado, construir una escuela. La pacificación del país y, más tarde, la organización que se le ha de otorgar, han de resultar de la acción de la política y de la fuerza". General Gallieni, instrucciones fundamentales del 22 de mayo de 1898 en Madagascar.
  • Political Geography: Afghanistan, Iraq
  • Author: Georges-Henri Bricet des Vallons
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Apparue aux Etats-Unis dans les années 1960-1970, dans un contexte marqué par l'émergence des masses contestataires et des mouvements de défense des droits civiques, la théorie de la non-létalité a gagné à partir du début des années 1990 une place centrale dans la réflexion militaire sur les conflits asymétriques et la guerre urbaine. La mise en service à titre d'expérimentation en 2006 en Irak, dans le cadre de la politique de contre-insurrection, d'armes comme le Long Range Acoustic Device (LRAD) et l' Active Denial System (ADS) a signé une étape primordiale dans le développement de systèmes antipersonnels de nouvelle génération. L'apparition de ces armes à énergie dirigée amène à s'interroger sur la nature de la révolution scientifique et stratégique que tente de promouvoir la théorie de la non-létalité.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Jean-Paul Hanon
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La restructuration des polices en Allemagne depuis le milieu des années 1990 et, parallèlement, la redéfinition des missions de la Bundeswehr constituent les développements marquants d'une politique étrangère allemande qui s'inscrit délibérément dans le cadre plus général de la politique européenne de sécurité commune, avec cependant quelques interrogations remarquables.
  • Topic: Politics
  • Political Geography: Europe
  • Author: Salvatore Palidda
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Les missions militaires italiennes à l'étranger au cours de ces dernières années peuvent être considérées comme un « fait politique total ». Elles sont en effet caractérisées et marquées par l'entrelacement de multiples aspects et acteurs de la société italienne ainsi que de leurs relations avec l'extérieur. Elles sont ainsi révélatrices des mutations économiques et politiques que ce pays a connues depuis la fin des années 1970. Nombre de ces aspects et acteurs, ainsi que les multiples interactions en jeu (directes et indirectes), ne sont pas évidents à analyser, les éléments empiriques nécessaires à une étude sociologique approfondie n'étant pas toujours disponibles. En effet, il s'agit d'un univers d'activités qui oscillent entre le public et le secret, et parfois même entre le légal et l'illégal (voir infra ). Par ailleurs, les perspectives interprétatives et d'analyse pour la recherche dans ce domaine ne semblent pas encore suffisamment adaptées aux changements qui se sont succédés depuis le début des années 1980 et davantage encore au cours de ces dernières années. En effet, les conséquences de la « Révolution dans les affaires militaires » (RAM), de la révolution technologique et du développement néo-libéral ont provoqué une prolifération et une hybridation de différents éléments et acteurs qu'il n'est pas toujours facile d'appréhender au travers d'un cadre d'analyse unitaire Cela est d'autant plus vrai que, si le développement des activités économiques et surtout financières des acteurs italiens à l'étranger sont apparemment tout à fait indépendantes des affaires militaires, les choix dans ce dernier domaine semblent pourtant de plus en plus conditionnés par les premières (et cela ne concerne pas seulement le marché des armements).
  • Political Geography: Europe
  • Author: Massimiiliano Guareschi, Maurizio Guerri
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Il devient chaque jour plus difficile de tenter de déterminer la forme-guerre car la seule règle manifeste de la violence est de n'en avoir aucune, si ce n'est celle d'avoir lieu de manière ubiquiste, changeante, equivoque. Les visages ou les masques qu'elle assume aujourd'hui sont, tour à tour, le choc des civilisations, la guerre de religion, les opérations de police internationale, la lutte contre la terreur voire la diffusion du progrès et de la démocratie. Dans les guerres contemporaines, de nouveaux combattants se mêlent et se superposent aux anciens guerriers : soldats réguliers et irréguliers, mercenaires, agents secrets, terroristes, pirates et kamikazes. C'est pour cette raison que l'idée de tenter de déterminer les contours de la guerre à travers la figure des combattants, ceux qui risquent leur vie pour donner la mort, représente un passage difficile mais nécessaire afin de ne pas tomber dans ce que Jacques Derrida a appelé « le sommeil dogmatique », c'est-à-dire l'usage des lieux communs exploités en permanence par le journalisme et par les administrations gouvernementales qui partent toujours du présupposé que les significations respectives de « guerre » et « paix », de « démocra- tie » et de « terrorisme » sont évidentes. Si nous voulons tenter de comprendre les dynamiques actuelles, nous devons abandonner la conviction tranquillisante et très répandue selon laquelle il y a dans ces termes quelque chose de tenu pour acquis, quelque chose qui peut être abandonné au préjugé du soi-disant « sens commun ». Durant ces dernières années, des analyses approfondies de caractère juridique, politique, philosophique se sont unies à des protestations de masse pour dénoncer l'absence de clarté des termes « war » et « terrorism » dans le slogan « war on terrorism ». Cependant, malgré tout ce qu'il y a d'« obscur, de dogmatique ou de pré-critique », cela « n'empêche pas les pouvoirs prétendus légitimes de s'en servir quand cela leur semble opportun ».
  • Political Geography: Afghanistan
  • Author: Mathieu Rigouste
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Faire la généalogie des figures de l'ennemi intérieur dans la pensée militaire française permet de montrer comment la pensée sécuritaire a été alimentée à partir de la reformulation d'un certain nombre de dispositifs de contrôle conçus pour, par et au travers de la guerre coloniale. En analysant la manière dont les courants dominants de la pensée militaire française ont conçu le contrôle de l'immigration, nous avons observé la reconstruction d'un ennemi intérieur socio-ethnique, la régénération puis la généralisation dans le temps et dans l'espace, à travers le modèle sécuritaire, d'une technologie conçue pour le contrôle exceptionnel de populations infériorisées : la lutte contre-subversive.
  • Topic: Security
  • Political Geography: France
  • Author: Estelle Durand, Antonia Garcia
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: On ne voit pas. La pupille se dilate. Si la salle est grande ou petite, on l'ignore. Cela non plus, on ne le voit pas. Je suis assise entre deux vieilles dames. A ma droite, une amie. A gauche, une inconnue. Je l'ai vue dans le hall d'entrée du théâtre de la Colline, avant d'entrer. On nous a faites entrer ensemble à la « queue leu leu », en nous tenant par l'épaule (par file de cinq). C'est ainsi qu'on nous a conduites dans la salle plongée dans le noir le plus complet dès notre arrivée. Aucune idée donc de sa dimension, de la disposition des sièges, de l'emplacement d'une scène éventuelle. La vielle dame, l'inconnue, entrée en même temps que nous, assise sur ma gauche, me parle. Elle dit : « mademoiselle... est-ce que ça vous gênerait que je vous tienne la main ? Je ne suis pas rassurée ». Cela ne me gêne pas. Je prends la main qu'on me donne. Je la garderai pendant une bonne partie du spectacle. Mais qu'est-ce que c'est que ce spectacle.
  • Author: Elwis Poitier
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Propagande et foi, propagande et mensonge, propagande et guerre, propagande et médias, propagande et publicité, propagande et pouvoir, propagande et démocratie, etc., autant de thématiques attendues et considérées comme telles dans les études devenues « classiques » qui traitent de ces problématiques, maintes fois discutées à travers différents champs disciplinaires des sciences humaines et sociales. A première vue, nous pouvons constater combien la propagande déborde les frontières de ces champs, allant même jusqu'à recouvrir pratiquement certains d'entre eux, constitués d'attelages périlleux, comme c'est le cas pour la psychologie politique. De fait, celle-ci entretient des rapports pour le moins intimes – incestueux même – avec la propagande : la propagande n'est-elle pas la fille de la psychologie politique, elle-même soeur de la psychologie sociale ? Telle est la question qui revient à l'ordre du jour dès lors que l'on se penche sur ce que représente la propagande pour la psychologie politique. C'est précisément pourquoi il est intéressant de rapprocher les ouvrages de Michel-Louis Rouquette et de Alexandre Dorna (avec J. Quellien), les deux auteurs psychologues sociaux étant également les principaux représentants de la psychologie politique en France. Chacun à sa façon tente d'aborder la propagande dans cette optique, tout en portant un regard transversal sur les différentes problématiques de la propagande, problématiques parfois éculées jusqu'au bout de leurs apories, telle la lancinante question de la manipulation qui conduit certains à voir de la propagande partout où il y a manipulation. Ainsi, la succession plus ou moins logique de ces difficultés conceptuelles semble dessiner l'horizon indépassable de la recherche sur la propagande. Les termes auxquels la propagande est habituellement associée, quelquefois par opposition dans l'espoir d'isoler la singularité du phénomène (comme avec la communication politique, plus rarement avec la guerre psychologique), le sont de plus en plus par amalgame, mêlés dans des expressions qui entretiennent la confusion, comme par exemple la « propagande sociologique » ou la « propagande démocratique » employées à tort et à travers. Toutes ces notions, et quelques autres, se répondent et se relient dans une configuration dont on ne sait plus très bien si elle est le produit de la propagande ou si c'est la propagande qui en est le produit.
  • Author: Manon Jendly
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Cest principalement au nom de l'ordre et de la sécurité que se sont multipliés au fil des ans les centres de rétention administrative. Ces lieux de contrainte n'ont jamais cessé de se développer sous une pluralité de formes distinctes, depuis leur apparition au début du XIX e siècle et leur généralisation durant la Seconde Guerre mondiale. De nos jours, il apparaît que ces centres procèdent principalement d'une politique systématique d'exclusion, synonyme, le cas échéant, d'expulsion, qui inscrit notamment la figure de cet autre – l'étranger – au cour des préoccupations nationales des sociétés occidentales. L'intérêt de l'ouvrage ici recensé est de nous rappeler, par ses dimensions sociopolitiques et historico-juridiques, la propension de nos gouvernements à recourir davantage à l'internement administratif et, simultanément, l'inertie de notre conscience collective à s'emporter contre le caractère arbitraire et autarcique de cette pratique, réminiscence d'une mise au ban à durée indéterminée.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Didier Bigo
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Ce numéro de Cultures Conflits n'est pas un numéro thématique, contrairement à notre habitude. Néanmoins, malgré l'hétérogénéité de contributions venant de divers colloques et de textes proposés spontanément à la revue, il existe une sorte de fil d'Ariane qui court entre les articles et qui est sans doute le reflet du monde contemporain ainsi que des préoccupations de nombre de chercheurs quant aux implications de certaines pratiques sur les libertés contemporaines. Ce fil d'Ariane concerne la circulation des personnes, leur droit et leur capacité de mouvement à l'échelle internationale, leur liberté et leur désir de bouger ou de pouvoir rester sur place, et la volonté de contrôle des gouvernements – y compris démocratiques –de tracer les mouvements browniens de ces individus, de filtrer et trier ceux qui sont désirables et ceux qui sont indésirables, de recenser et garder en mémoire ces mouvements. Cela a pour but non seulement de fixer dans les bases de données le rapport que chaque individu a avec la circulation transfrontalière, mais aussi d'en tirer des leçons afin de construire des profils de personnalités, inconnues mais néanmoins considérées par analogie avec d'autres cas, comme présentant des risques : risques à la santé publique, à l'économie et aux bénéfices sociaux reçus par les citoyens et les personnes régulièrement entrées sur le territoire d'un Etat, à la sécurité publique. Ce risque, construit comme un calcul rationnel évaluant le comportement d'individus inconnus à travers des critères de dangerosité, analysé ex-post, à partir de cas précis du passé, tend à structurer une volonté de contrôle du futur des mouvements individuels, une volonté d'anticipation des trajectoires avant même qu'elles ne se réalisent. Le caractère hautement hasardeux de telles spéculations sur l'avenir de la part des agences de sécurité ou des acteurs privés qui les élaborent, de même que les doutes sur la validité du savoir qui constitue ces catégories, en particulier lorsque l'on cherche à déduire à partir de caractéristiques corporelles les comportements ou même les idées d'un individu donné, et encore plus d'un individu idéal typique construit comme matrice du danger potentiel, sont la plupart du temps mis de côté, « suspendus » au nom de l'urgence à faire quelque chose, à agir avant qu'il ne soit trop tard ; la scientificité apparente des moyens masquant la dimension astrologique des spéculations qui ont fondé ces analyses de risque où le « mythe est dense dans la science ». La tentative de réduire le futur à un futur antérieur et, dès lors, un futur lisible et connu, à partir duquel « prévenir » le pire, est sans doute le rationale ou la logique diagramatique qui traverse les différents dispositifs de pouvoir contemporain qui sont ici étudiés dans leurs spécificités. Ils ne conduisent pas tous et tout le temps à des pratiques d'exception, à des dérogations permettant à des formes intrusives de surveillance et de contrôle de se développer. Certains dispositifs sont même appelés de leurs voeux par des individus qui se sentent en permanence en situation de peur ou tout du moins d'inquiétude et dont les repères traditionnels sont changés par les transformations globales contemporaines concernant le marché du travail, les inégalités sociales, la formation de groupes d'experts. La surveillance des mouvements sous forme anticipatrice peut alors être réclamée par tous, en particulier par ceux qui pensent qu'ils n'en seront pas l'objet parce qu'ils bougent peu ou parce qu'elle ne s'appliquerait qu'aux autres, aux étrangers. La complicité active aux chaînes de servitude évoquée par La Boétie est bien actuelle, et elles se sont maintenant élargies à une demande d'auto-surveillance concernant non seulement les documents traçant les mouvements et les passages de frontières, mais aussi les corps eux-mêmes des sujets. Il en résulte un appesantissement de la surveillance et du contrôle des corps qui va au-delà des contrôles aux frontières, des visas et de la police à distance et qui s'institue à travers une nouvelle relation entre identifiants biométriques (toujours plus interne et non modifiable par l'individu) et instantanéité des échanges d'information entre bases de données informatiques interopérables à l'échelle, sinon mondiale, du moins transatlanti- que, tout au moins pour un certain nombre de services chargés du renseignement et de la lutte contre la violence politique, le crime et, de plus en plus, les irrégularités de passage des frontières. Quand cet appesantissement de la surveillance au nom de la prévention s'opérationnalise dans des contrôles a priori s'appuyant sur des logiques de suspicion portant sur des groupes particuliers, marqués par leurs appartenances religieuses, ethniques ou minoritaires et par leurs motivations idéologiques, il débouche souvent sur des pratiques illibérales, visant à s'extraire des règles élémentaires de contrôle démocratique, et débouche sur ces archipels d'exception qui sont à l'oeuvre aussi bien dans les camps de type Guantanamo, dans les enlèvements de suspects par les services de renseignement et leur remise à d'autres services qui s'autorisent la torture, que dans les formes plus bénignes a priori pour l'individu, mais plus généralisées, de centres de détention pour étrangers aux frontières ou en amont de celles-ci ou encore, de manière moins visible, par des politiques préemptives d'interdiction de visa empêchant les personnes de se déplacer là où elles désiraient se rendre. L'hétérogénéité de ces dispositifs et de leurs effets sur les individus empêche d'y voir, à notre avis, une seule logique implacable, celle d'une modernité technocratique transformant les individus en individus réduits à leur bios, et leur niant leurs formes de vie institutionnelles. Les résistances sont diverses, multiples et les projets des programmes d'exception n'ont pas la même teneur selon qu'il s'agit d'emprisonner indéfiniment ou de renvoyer le plus vite possible un indésirable. Mais, on le verra, le débat est ouvert entre les auteurs qui, comme Agamben, y voient une tendance lourde des sociétés contemporaines, dépassant de loin les effets du 11 septembre, mais reconnaissant son impact accélérateur, et ceux qui insistent sur les spécificités de chaque dispositif et les normes et valeurs libérales qui contraignent les gouvernements qui s'en réclament et qui ont dans leur société des contre-pouvoirs effectifs, ainsi qu'une tradition enracinée de libertés publiques.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Josep Ramoneda
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'exception est une expression du caractère arbitraire du pouvoir. Zygmunt Bauman l'a expliqué dans sa lecture du livre de Job. Le pouvoir ne peut jamais être entièrement régulé parce qu'il perdrait sa principale force, celle qui découle de son caractère capricieux, extravagant, imprévisible. L'Etat moderne s'est construit sur le principe de souveraineté. Celui-ci accorde le dernier mot à la citoyenneté et trouve dans la loi la façon de limiter le pouvoir de ceux qui gouvernent par délégation ; il détermine les frontières physiques du pouvoir politique de la souveraineté. Nul besoin d'être particulièrement nietzschéen pour comprendre que la volonté des grands pouvoirs est d'échapper au contrôle des citoyens et de s'approprier le droit d'avoir le dernier mot. Cette tentative s'appelle le principe d'exception. Et c'est une constante de l'exercice du pouvoir tout au long de l'histoire.
  • Author: Ulrich Beck
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'Europe ne peut devenir un Etat ni une nation, et elle ne le fera pas. Elle ne peut donc être pensée en termes d'Etat-nation. Le chemin vers l'unification de l'Europe ne passe pas par l'uniformisation, mais plutôt par la reconnaissance de ses particularités nationales. La diversité est la source même du potentiel de créativité de l'Europe, le paradoxe étant que la pensée nationaliste peut être le pire ennemi de la nation. L'Union européenne est plus à même de faire avancer les intérêts nationaux que ne le feraient les nations en agissant seules.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Federico Rahola
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Un récit extraordinaire de l'écrivain palestinien Ghassan Kanafani, Rijal fil Sharns , datant de 1963 , décrit la tentative tragique de trois jeunes Palestiniens voulant rejoindre le Koweït. A Bassorah, en Irak, les exilés rencontrent un contrebandier qui transporte des « marchandises » dans le container de son camion-citerne. Ils lui demandent, moyennant argent, s'il peut les emmener jusqu'à la frontière. Lorsqu'ils sont presque arrivés à destination, le conducteur s'arrête sous un soleil de plomb pour discuter avec les gardiens. Il oublie son « chargement » (ou peut-être pas), et les Palestiniens meurent asphyxiés sans que personne ait pu entendre leurs cris.
  • Political Geography: Iraq
  • Author: Alain Brosset
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: On a vu apparaître ces dernières années, dans le vocabulaire de la contreterreur développée par l'administration des Etats-Unis, une nouvelle expression – « extraordinary rendition » – que l'on traduit généralement en français par « transferts spéciaux ». Nous allons tenter ici de poser quelques questions actuelles à propos de la souveraineté et des frontières, en partant des dispositifs et des usages que suppose cette notion.
  • Political Geography: Afghanistan
  • Author: Paolo Cuttitta
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Comment les frontières du pouvoir territorial – c'est-à-dire les frontières des Etats et d'autres entités politiques territoriales, comme l'espace Schengen et l'Union européenne – opèrent et se manifestent-elles dans le champ de la gestion de l'immigration ? Telles sont les questions auxquelles nous tenterons de répondre dans cet article.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Gerard Beaudu
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Depuis quelques années, un nombre croissant de consulats des Etats membres se sont engagés dans une voie nouvelle, celle du recours aux services d'opérateurs privés qui exécutent une série de tâches faisant normalement partie de la « procédure visas » et qui étaient assurées jusque-là par les services visas des consulats. Ces tâches sous-traitées à des prestataires extérieurs incluent le planning et la gestion des rendez-vous des demandeurs de visa au consulat, l'information par téléphone ou par le biais de sites Internet sur les procédures à sui- vre, la réception, la vérification et la transmission des dossiers aux consulats, l'encaissement des frais de dossier et, enfin, la restitution des passeports aux demandeurs. Pour ces tâches, les opérateurs perçoivent une rémunération versée non pas par les consulats, mais par les demandeurs de visa eux-mêmes.
  • Political Geography: Ukraine
  • Author: Michel Peraldi
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Sous le terme général d'« économies criminelles », on rassemble usuellementdes activités qui visent la production, la circulation, la commercialisation deproduits interdits d'un point de vue moral ou légal, des activités dont l'organisation et l'effectuation incorporent une part de violence physique réellementexercée ou potentiellement présente dans l'organisation même du cycle productif, et enfin des activités menées par des individus, des groupes marginaux oudéviants, dans des conditions de totale ou de relative clandestinité. En Italie, oùles recherches sur ce thème ont certainement la plus grande ampleur historique,théorique et empirique, les chercheurs ont complété cette définition en spécifiant que ces économies criminelles sont le fait de groupes organisés et hiérarchisés, fondés sur des codes et des rituels d'appartenance (mafia, camorra, n'dranghetta, etc.). Vaille que vaille donc, et surtout à la lumière des travaux italiens ouanglo-saxons pionniers en la matière, il semblait établi que les économies criminelles concernaient des comportements économiques aberrants, parasites, archaï-ques, caractéristiques de groupes, d'individus ou de territoires marginalisés, lorsque les défections ou les faiblesses de l'Etat rendaient possible le développementd'une « autorité politique extralégale ». R. Sciarrone précise ainsi que même si cesgroupes ont pu s'emparer de domaines économiques et développer leurs affaires jusqu'à l'échelle mondiale, ils ne changent rien à la force et la nécessité de leurancrage territorial. Ajoutons enfin une dimension méthodologique essentielle :l'identification de ces acteurs sociaux, individuels ou collectifs passe d'abord parun signalement judiciaire ou policier. C'est en effet d'abord parce que leurs activités tombent sous le coup de la loi et que cellesci font l'objet de poursuites, queles groupes ou les individus sont « observables » dans des conditions où les chercheurs sont quasi exclusivement tributaires des données policières ou judiciaires.En poussant le raisonnement, on peut alors se demander si le caractère spécifiquede leurs activités n'est pas purement déduit, par nature en quelque sorte, ducaractère délictueux ou criminel de leurs pratiques. En somme, s'il n'y avait nimeurtres ni violence, pourrait-on parler d'économies criminelles comme d'unregistre identifiable, observable de faits économiques ? Parallèlement au débatitalien sur la nature économique, institutionnelle et sociale des organisationsmafieuses, ravivant la question de la nature « moderne » et capitaliste des entrepreneurs criminels, on assiste aujourd'hui à un double phénomène qui rendnécessaire un retour d'analyse sur l'évolution des phénomènes économiques ditcriminels vers la globalisation. D'une part, les organisations criminelles investissent tôt ou tard les économies « légales », et la question se pose alors de l'efficience économique directe des comportements et méthodes mafieux, qui ne peuvent plus alors être ramenés à des mécanismes aberrants ou parasites puisqu'ilssont alors au cour de l'économie. L'apparition de phénomènes criminels dans lesanciens pays du bloc socialiste notamment et surtout le moment de leur apparition, comme immédiate recomposition d'acteurs issus directement des mondesdirigeants de l'ancien régime, pose à notre sens de manière radicalement nouvelle la question des relations entre les acteurs, logiques et dispositifs de l'économie criminelle et ceux des économies « vertueuses ».
  • Political Geography: Europe
  • Author: Miriam Perier, Benoit Cailmail
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La crise politique liée à l'émergence du mouvement maoïste en février 1996 et à ses relatifs succès a plongé le gouvernement et la fragile démocratie du Népal dans une sorte de décadence et de chaos. Les institutions politiques, déjà instables et au cour de luttes partisanes et de formes de corruption plus ou moins aggravées, n'ont été que davantage fragilisées par ce conflit qui a forcé leur retrait des zones rurales (la quasi-totalité du territoire népalais en somme). Cette perte de contrôle et de légitimité des instances politiques, incapables de régler la crise par la voie politique de la négociation, ont offert à l'armée et au roi, son chef suprême, des pouvoirs renforcés et difficiles à contester - tant du point de vue national, régional, qu'international -, du moins au départ. Mobilisée en novembre 2001 au bout de cinq années de conflit devant l'échec de la police, l'armée avait pour mission initiale d'engager et de permettre des négociations avec les rebelles. Or, rapidement, comme la suite des événements l'a montré, son rôle répressif a pris le pas sur le reste.
  • Political Geography: Nepal
  • Author: Emmanuel-Pierre Guittet, Amandine Sherrer
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Si on ne compte plus les ouvrages proposant en langue française des « introductions » aux relations internationales ou encore des « dictionnaires » éponymes, aucun ouvrage–à de rares exceptions près–n'avait alors jusqu'ici traité exclusivement, en français, des développements théoriques de la discipline des relations internationales. Pourtant, de tels réflexions et débats ont fait l'objet d'une production livresque qui a connu un essor considérable ces cinquante dernières années dans le milieu académique anglophone. Une des raisons manifestes de ce quasi-silence éditorial, particulièrement en France, réside sans nul doute dans la structuration même du champ universitaire français qui peine à accorder aux relations internationales un statut de discipline à part entière. Il existe certes une tradition d'histoire des relations internationales, comme il existe un grand nombre d'ouvrages sur le droit international (public ou privé) et un intérêt clair–et non des moindres–des sciences politiques pour les cadres, les actions et les acteurs de la scène internationale. Cependant, il faut bien reconnaître ici que les relations internationales n'ont été le plus souvent traitées que comme des excroissances de ces disciplines maîtresses que sont l'histoire, le droit et les sciences politiques . Le fait de parler de théorie des relations internationales a souvent suscité des moqueries ou, tout du moins, des interrogations et une forme de scepticisme partagée par les tenants de la vieille garde du monde académique. Il y a là un paradoxe, en tous les cas pour la science politique, à la vue de sa propre histoire d'émancipation académique envers le droit. Plus généralement, il y a là une incompréhension envers une discipline des relations internationales qui, vieille de cinquante ans, afficherait des prétentions théoriques et un langage jargonnant. Les relations internationales sont en effet le plus souvent présentées sous des formes thématiques (équilibre des puissances, sécurité internationale, etc.) et sectorielles (économie internationale, politique étrangère, etc.), mais plus rarement sous l'angle de leurs théorisations. Produire un livre de théories propres aux relations internationales en langue française relèverait-il ainsi de la provocation ou de la mystification ? Il existe pourtant un vide en la matière quand on considère le nombre incalculable de manuels de théories des relations internationales publiés chaque année en langue anglaise, qui montrent une vitalité intellectuelle indéniable et une préoccupation complexe mais cohérente pour se donner les moyens de penser l'international, ses situations, ses acteurs et les facteurs endogènes et exogènes de leurs actions et/ou de leurs inactions.
  • Political Geography: France
  • Author: Amanda S. A. Dias
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « La peinture, même le dessin, c'est un art qui aime expliquer les problèmes aux peuples ; sinon ce n'est pas de l'art. Il faut chercher les manières de résoudre ce problème. Les difficultés pour vivre, la position économique, la pauvreté... Comment peut-on l'expliquer ? Par exemple, l'auteur écrit : c'est un art, c'est l'art d'écrire ; le poète fait un poème : c'est un art ; les gens du théâtre, les artistes du théâtre font des pièces pour résoudre un certain problème. Donc les peintres, ils doivent s'interroger sur les problèmes qu'ils rencontrent. Pour moi, quel est le problème le plus important ? C'est le problème de la Palestine. Je parle du problème palestinien. Mais à l'aide des personnes. Et tu vois que tous les tableaux parlent, ou bien cherchent à résoudre, ou à faire comprendre, le problème palestinien. [...] Comment me demander d'oublier le problème principal de ma vie ? Je pense que tu as vu que je pleure lorsque je parle de comment j'ai quitté la Palestine. Comment me demander de quitter et d'oublier mon pays ? »
  • Author: Jérôme Valluy
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Annoncée à la télévision le 8 mars 2007 par le candidat Nicolas Sarkozy, la création du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement a d'abord été en France une promesse électorale, un sujet de campagne et aurait pu connaître le sort d'autres idées de ce genre : être oubliée ou reformulée une fois le candidat arrivé au pouvoir. On pouvait alors se demander s'il ne s'agissait que d'un simple gadget de campagne, destiné à ratisser les voix de l'extrême droite, ou d'un axe idéologique et stratégique de recomposition de la droite autour de son nouveau leader . Le 18 mai 2007, l'annonce de la composition du gouvernement apporte des éléments de réponse : non seulement le nouveau ministère est bien là, mais en bonne position dans l'organigramme, confié de surcroît au plus fidèle collaborateur du nouveau président, avec un intitulé « à rallonge » qui laisse augurer d'un champ de compétence extensible, logé rue de Grenelle à proximité des Affaires sociales et du ministère de l'Education. On pouvait alors se demander encore si ce nouveau ministère serait éphémère, comme d'autres dans le passé (« temps libre », « économie solidaire », etc.), ou durable comme certains ministères récents (« culture », « environnement », etc.).
  • Political Geography: Europe
  • Author: Olivier Le Cour Grandmaison
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Annoncée à la télévision le 8 mars 2007 par le candidat Nicolas Sarkozy, la création mmigrés, « clandestins », « flux migratoires » et menaces diverses supposées peser sur la France en raison de la présence de « trop nombreux étrangers » que l'on dit mal intégrés à la société : vieille est cette antienne. En mai 2007, c'est elle qui a justifié la création, sans précédent connu, d'un ministère ad hoc doté de compétences multiples qui vont de la « gestion » de l'immigration à la défense de l'identité nationale en passant par l'intégration et le co-développement. Vaste programme. Pour l'heure, cette nouvelle administration et celui qui en a la charge se font surtout connaître par une activité menée avec un acharnement que rien ne vient tempérer : les expulsions massives d'étrangers en situation irrégulière pratiquées dans la continuité des orientations mises en ouvre par l'ancien ministre de l'Intérieur devenu président de la République. Comme le prouvent certains documents présents sur le site officiel du ministère que dirige Brice Hortefeux, une telle politique permet, conformément à la « culture du résultat » aujourd'hui de saison, de faire croire aux Français qu'en ces matières, le chef de l'Etat et le gouvernement font ce qu'ils disent et disent ce qu'ils font. Nouveauté ? Rupture, comme l'affirme le credo présidentiel relayé par de nombreux experts en communication ? A rebours de ce bruit médiatique savamment orchestré, on s'interro gera sur les origines républicaines, et la permanence d'un racisme et d'une xénophobie d'Etat que l'on découvre déjà présents dans les années 1920. Quels ont été leurs ressorts anthropologiques, ethnologiques et politiques ? Dans quelles circonstances ont-ils surgi ? Quelles furent alors, pour les populations coloniales visées, les conséquences juridiques des dispositions adoptées ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles nous chercherons à répondre.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Sylvain Laurens
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'administration de l'immigration repose en France sur un mode de légitimation fondé sur la notion de «souveraineté» et sur la distinction entre nationaux et étrangers. Elle est le produit d'une longue histoire de surveillance despopulations étrangères sur le sol national. Historiquement, l'étranger est celuiqui est exclu de la citoyenneté, soupçonné de ne pas faire preuve de «loyalisme». L'Etat, par la mise en place progressive de techniques d'identification,a cherché à contrôler ses déplacements d'abord à des fins politiques, puis pourdistinguer la main-d'ouvre nationale de la main-d'ouvre étrangère sur le marché du travail (surtout à compter des premières grandes crises économiques de lafin du XIXesiècle et l'instauration du code de la nationalité en1889). Ce modede domination bureaucratique repose sur un lexique singulier lié notamment àl'enracinement de la IIIeRépublique et à l'émergence d'un groupe de fonctionnaires spécialisés. L'administration coloniale repose, elle, sur un mode de légitimation fondé historiquement sur l'idée de «mission civilisatrice»: certains indigènes peuvent être des «nationaux», mais ils sont exclus des droits politiques,«la négation de ces droits étant la condition de leur infériorisation sociale».
  • Political Geography: France
  • Author: Marc Bernardot
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: I est possible d'apporter un éclairage original sur la production, l'utilisation, lamanipulation contemporaines des discours xénophobes et racistes par des institutions et groupes de pression publics et privés en interrogeant, dans une perspective sociohistorique, les politiques de contrôle des circulations et de modesd'établissement des étrangers. On peut ainsi suivre la trace, sur la longue durée,de certaines des conséquences pratiques et symboliques de la «xénophobie degouvernement», en étudiant ces laboratoires du traitement différencié et de l'essentialisation de groupes de populations, dont la figure centrale est l'immigrédécolonisé, que représentent les logements qui leur sont spécifiquement réservés.La question du logement est en effet centrale pour appréhender la prise en chargecontemporaine des migrants par les pouvoirs publics. C'est particulièrement lecas en France où l'Etat est intervenu dès le début du XXesiècle dans le contrôle del'installation et du déplacement des travailleurs indigènes en provenance descolonies, bien avant de développer une politique de logement social. A titre decomparaison, l'Angleterre, qui a aussi importé de la main-d'ouvre coloniale dèsla Première Guerre mondiale, a laissé les migrants autorisés à rester en métropoles'installer à leur guise dans les centres-villes dégradés notamment.
  • Author: Jérôme Valluy
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), qui accordait en 1973 le statut de réfugié à 85 % des exilés demandant l'asile, en 1990, le refuse à 85 % d'entre eux, au terme d'un retournement progressif mais rapide, en moins de vingt ans . L'élévation tendancielle des taux de rejets des demandes d'asile s'amorce dès le début des années 1970 (voir le graphique n°1) et se prolonge jusqu'à aujourd'hui où l'OFPRA rejette près de 95 % des demandes d'asile, la Commission des recours des réfugiés (CRR), juridiction d'appel contre les décisions de l'OFPRA, ramenant ce taux de rejet à 85 % environ. Durant ces quarante ans, le nombre total d'étrangers entrant annuellement en France, sous des titres de séjours divers, n'a pourtant jamais cessé de diminuer passant de 390 000 en 1970 à 192 000 en 1981 et 54 000 en 2004 , ou, pour l'exprimer autrement, à plus de 200 000 par an en moyenne durant les années 1960 à moins de 100 000 par an dans cette dernière décennie et la proportion d'immigrés par rapport à la population totale est demeurée stable de l'ordre de 7,5%.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Kees Groenendijk
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Dans son livre intitulé LTI, Notizbuch eines Philologues (LTI, la langue du IIIe Reich : carnets d'un philologue), écrit en 1947 mais malheureusement toujours d'actualité, Victor Klemperer décrit la façon dont un nouveau régime politique tente d'introduire de nouveaux termes dans le langage juridique officiel et dans le discours public. Il dépeint les réactions conscientes ou inconscientes des citoyens face à ces tentatives et explique le mécanisme par lequel une partie de ces termes tombe à nouveau dans l'oubli après quelques années. Il ne sera certes pas ici question de philologie comme dans l'ouvrage de Klemperer, il ne sera pas non plus question de comparer les évolutions politiques des dernières années aux Pays-Bas avec celles du national-socialisme des années 1930 en Allemagne.
  • Political Geography: Washington
38. Fragmenta
  • Author: Laurence Corbel, Ilias Poulos
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Alors que la fin de la Seconde Guerre mondiale marque, pour la plupart des pays occidentaux, le début d'une ère de paix, de prospérité et d'espoir pour l'avenir, la Grèce a vu la guerre antifasciste se transformer en guerre civile entre la résistance de gauche et le gouvernement en place. A la fin de cette guerre, en 1949, des milliers de civils et de combattants ont dû quitter e pays par peur des représailles. La population civile a été éparpillée un peu partout en Europe de l'Est.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Amandine Scherrer
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Les tentatives de compréhension du monde contemporain ont donné lieu à une littérature prolifique, plus ou moins opportune pour stimuler des réflexions d'envergure sur notre rapport à la modernité. Nombreux sont ainsi les ouvrages qui tentent d'apporter des éclairages sur ce qu'on désigne communément par « globalisation » Certains de leurs auteurs se sont notamment interrogés sur les formes de violence contemporaine, ainsi que sur les craintes et les appréhensions suscitées par cette « globalisation ». C'est précisément le propos de deux ouvrages récemment traduits en langue française, qui proposent une lecture différenciée, mais pas tout à fait opposée, des effets de la globalisation.
  • Author: Luis Martinez
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Comment expliquer l'attrait pour le courant jihadiste de certains jeunes musulmans en France ? Cet article montre comment se construit la justification de la radicalisation et les étapes qui rendent légitime le passage à l'acte violent. Le processus de justification du passage à l'acte violent - à l'attentat-suicide par exemple - s'inscrit dans un contexte qu'il faut comprendre : quelles sont « les structures sociales et organisationnelles qui peuvent promouvoir dans un moment donné, l'attentat-suicide ? ». Aussi, l'analyse du basculement dans la violence doit-elle recontextualiser les engagements et les trajectoires individuelles, car l'environnement dans lequel se construit le processus de justification apparaît comme déterminant. Le basculement dans la violence n'est pas le produit d'une frustration ou d'un symptôme psychologique. L'attentat-suicide, par exemple, est un véritable instrument de guerre. Il a un sens, répond à une logique et s'inscrit dans une finalité : un territoire à libérer, une communauté à reconquérir . Les entretiens réalisés auprès de jeunes musulmans d'origine nord-africaine permettent ici de souligner comment se construit la justification du passage à l'acte violent ; ils permettent aussi de comprendre que, pour que l'acte violent se réalise, des conditions générales et structurelles sont nécessaires, sans quoi la justification du passage reste de l'ordre du discours.
  • Political Geography: Afghanistan, America
  • Author: Gülçin Erdi Lelandais
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La littérature sur la question de l'internationalisation des conflits mais aussi sur la transnationalisation des mouvements sociaux s'est considérablement développée depuis les années 1990. Toutefois, la plupart des recherches effectuées en la matière sont centrées sur l'altermondialisme dans des pays développés - notamment les Etats-Unis, les pays d'Europe du Nord, et en partie ceux d'Amérique latine–et néglige l'émergence et le développement de ce phénomène dans d'autres régions du monde, le Sud de la Méditerranée entre autres. Nous constatons également que les études sur l'altermondialisme ne se sont pas vraiment penchées sur les significations de ce phénomène dans cette aire géographique. Nous disposons de peu d'éléments sur l'implication des pays de cette région dans l'altermondialisme, ou sur son intensité et son apport. De nombreux ouvrages publiés en France tentent certaines généralisations sur ces mouvements à partir du seul exemple des altermondialismes en Europe. Ce type d'approches entraîne le risque d'amener trop rapidement à des conclusions non nécessairement vérifiées par des analyses de l'autre côté de la Méditerranée. Par ailleurs, ce problème peut être accentué par l'absence de visibilité des organisations sur les zones géographiques précédemment citées. L'intérêt médiatique, mais aussi universitaire, est ainsi souvent dirigé vers les mouvements occidentaux, et lorsqu'une activité contestataire relativement importante apparaît dans un pays extra-européen de la Méditerranée, elle ne paraît pas susciter le même degré d'intérêt que ses homologues étrangers.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Donatella Della Porta
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Le 30 novembre 1999, à Seattle, ville américaine devenue le symbole de la New Economy, environ 50 000 personnes protestent contre la 3e conférencede l'Organisation mondiale du commerce (OMC) réunie pour lancer leMillenium Round, un nouveau cycle de négociations visant à poursuivre lalibéralisation du marché, en particulier celles des investissements et des services publics. Les manifestations de Seattle avaient été lancées en 1999 à Genève parune coordination d'organisations de provenances diverses, qui s'étaient déjàmobilisées avec succès pour empêcher la signature d'un traité international, leMultilateral Agreement on Investment (MAI), accusé de réduire, au nom dulibre-échange, la capacité des Etats à intervenir sur les enjeux sociaux et environnementaux.Les manifestations contre le Millenium Round–précédéesd'assemblées et d'initiatives de diffusion d'informations dans le monde entire3x2013;ont été organisées par 1 387 ONG, syndicats, écologistes et églises de différentes confessions. Parmi les slogans des manifestations, on trouve ceux-ci : « Theworld is not for sale » ; « No globalization without participation » ; « We arecitizens, not only consumers » ; « WTO–Capitalism without conscience » ;« Trade: clean, green and fair ».
  • Political Geography: America
  • Author: Raphaël Canet
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Ce cycle global de luttes se développe sous la forme d'un réseau réparti. Chaque lutte locale fonctionne sous le modèle d'un point nodal qui communique avec tous les autres sans passer par un centre ou un axe de direction. Chaque lutte reste donc singulière et liée à des conditions locales, tout en étant immergée dans un réseau commun. Ce type d'organisation est ce qui se rapproche le plus d'une expression politique achevée du concept de multitude. »
  • Political Geography: France
  • Author: Gülçin Erdi Lelandais
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Notre rôle, c'est de casser dans la tête des individus l'idée que tout est comme ça et que rien ne pourrait changer. Il faut arriver à convaincre les gens que si on se réunit, si on résiste, tout est possible. C'était le cas du 1er mars. Tout le monde a cru que le Parlement voterait naturellement pour la participation à la guerre en Irak, mais toutes les organisations de la société civile, ensemble, ont organisé une mobilisation tellement forte que ça a cassé l'image dans l'esprit des gens que la mobilisation sociale ne peut jamais affecter les politiques gouvernementales. »
  • Political Geography: Europe
  • Author: Eric Cheynis
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'approche sociologique de la participation au Forum social mondial implique de tenir compte de plusieurs aspects des conditions de cette pratique. Il s'agit tout d'abord de la resituer dans un espace international de l'altermondialisme et de l'analyser comme imbriquée dans des rapports de forces entre pays. Les types de contraintes (politiques, économiques, linguistiques) qui pèsent sur elle, tout comme la pluralité des offres d'engagement et les multiples usages et appropriations que recouvre le terme « altermondialisme », doivent également être examinés. Par ailleurs, la diversité des modes d'investissement dans cet espace ne se comprend que rapportée aux processus d'accumulation différenciée de capital international et aux rôles joués par les acteurs et institutions qui en sont les intermédiaires.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Timothy Peace
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Depuis 2001, en France comme en Grande-Bretagne, les « musulmans » et les associations qui les représentent ont été amenés à participer à plusieurs occasions au mouvement altermondialiste. On a notamment pu le constater lors des Forum sociaux européens (FSE) qui se sont tenus dans les capitales de ces deux pays. Cet engagement s'étant récemment affaibli, il est possible d'y voir un cas d'« altermondialisme oublié ». On a souvent pointé ces pays en raison de leur attitude divergente vis-à-vis de leurs minorités respectives et sur la place qu'y occupe la religion dans la sphère publique. Ces deux cas offrent donc aux chercheurs l'opportunité d'étudier comment ces différentes conceptions affectent les mouvements sociaux et leurs participants. Nous souhaitons montrer dans cet article que l'élément le plus notable de cette mobilisation musulmane est l'impact de celle-ci sur des mouvements altermondialistes euxmêmes et la manière dont elle a remis en question leur propre représentation de mouvements ouverts et « tolérants ». De nombreux spécialistes des mouvements sociauxont remarqué le fait que les acteurs de ces mouvements doivent souvent faire face à des dilemmes causés par le poids des identités religieuses et la difficulté de faire coexister celles-ci avec d'autres critères d'identification . Cet article cherche à mettre ces difficultés en avant, ainsi que les limites de la supposée « tolérance » des acteurs « traditionnels » de l'altermondialisme, confrontés à la participation des musulmans. Les FSE servent de lieu de rencontre et de discussion pour une myriade de groupes se réclamant de la mouvance altermondialiste. Cependant, l'événement en lui-même consiste à la fois en un forum officiel et en un « espace alternatif / autonome » agissant comme un événement annexe, composé de tous les groupes qui rejettent le processus officiel d'organisation. A l'intérieur du mouvement lui-même, on fait souvent référence à ce clivage en usant de l'expression « horizontaux contre verticaux », chacun des groupes ayant des conceptions opposées de la politique, des enjeux du FSE et du mouvement en general . Nous étudierons ici uniquement les forums officiels - en particulier ceux qui se sont tenus en région parisienne en 2003 et à Londres en 2004 - et nous ne traiterons donc que des acteurs « verticaux ».
  • Topic: War
  • Political Geography: Afghanistan, France
  • Author: Marie-Emmanuelle Pommerolle, Johanna Siméant
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: 19 janvier 2007, dans le confortable hôtel Six-eighty , au centre de Nairobi. C'est la soirée du CRID, le Centre de recherche et d'informations pour le développement, un collectif de cinquante-quatre associations de solidarité internationale qui constitue la principale structure de coordination des organisations françaises au Forum social mondial (FSM). Alors que la soirée se poursuit et que chacun présente son organisation et « ses partenaires », tout à coup, un groupe de jeunes Kenyans, aidés par le groupe des No Vox , brandit des pancartes. Une jeune femme kenyane prend la parole au nom du People's Parliament , une organisation dont elle explique qu'elle n'a pas été suffisamment associée au FSM et au travail du comité local d'organisation. Wangui Mbatia évoque le prix de la participation au FSM (500 shillings kenyans, soit, explique-t-elle, une semaine de nourriture pour une famille pauvre). La jeune juriste, comme on l'apprendra par la suite, incarnera tout au long du forum la contestation d'une partie des militants kenyans à l'égard d'un forum souvent dénoncé comme « une conférence internationale de plus ». Pendant tout le forum également se posera la question de la représentativité du People's Parliament : des rumeurs et insinuations circulent sur sa responsable, qui a étudié aux Etats-Unis, et que l'on retrouvera quelques mois plus tard aux protestations contre le G8 de Rostock. Mais la question est plus générale : qui a le droit de parler au nom des pauvres du Kenya et de l'Afrique lors des grands événements militants internationaux ?
  • Political Geography: Kenya, Africa, Nairobi
  • Author: Odaci Luiz Coradini
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Ce texte s'attache à présenter les premiers résultats d'une étude toujours en cours menée sur le 5e Forum social mondial (FSM), qui s'est déroulé à Porto Alegre du 26 au 31 janvier 2005. Plusieurs axes d'analyse ont présidé à cette étude. Nous nous sommes d'abord intéressés aux significations que peuvent avoir des réferentiels idéologiques, tels que le tiers-mondisme ou l'altermondialisme, dans des conditions diverses. Puis nous avons étudié les modalités des relations qu'entretiennent les participants et les organisateurs du FSM avec l'espace politique.
  • Political Geography: France
  • Author: Miriam Perier, Mathieu Pernot
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Des études en sciences dures ont finalement convaincu cet homme de suivre son oil, préalablement aiguisé par une sorte de « mythologie familiale » de la photographie, un art qu'il a véritablement découvert lors de son cursus à l'Ecole nationale de photographie d'Arles.
  • Political Geography: France
  • Author: Julian Jeandesboz
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La récente publication d'une « petite conférence sur la frontière », initialement prononcée le 18 novembre 2006 au Centre dramatique national de Montreuil, constitue un excellent prétexte pour revenir sur les réflexions menées par Etienne Balibar depuis plus de dix ans sur l'Europe, ses frontières et ses citoyens. La parution de cette « petite conférence », donnée devant un public majoritairement constitué de jeunes auditeurs, illustre à elle seule certaines des préoccupations de l'auteur quant au rôle général du travail (des) intellectuel(s) et quant au traitement d'une question qui, loin de n'être qu'un thème à laisser aux experts et aux militants, concerne également les sociétés et les citoyens européens dans leur ensemble. Son titre, Très loin et tout près, résume de manière simple l'une des préoccupations de la réflexion proposée par Balibar sur l'Europe, à savoir la nécessité de problématiser la constitution (à tous les sens du terme) d'un espace de gouvernement européen et les limites qui lui sont données sur le plan interne comme sur le plan externe par les acteurs dominants des processus d'européanisation communautaires, sous un angle politique qui serait celui d'un « droit de cité » conjoint aux ressortissants communautaires et extra-communautaires.
  • Political Geography: Europe