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  • Author: Julien Jeandesboz
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Officiellement lancée par une communication de la Commission européenne en mars 2003, la PEV se propose de traiter des relations entre l'UE et l'ensemble des espaces géographiques et politiques qui lui sont contigus. Elaborée principalement au sein des arènes communautaires, et notamment par les professionnels de la gestion des relations extérieures communautaires, elle entérine pourtant l'intégration d'un discours sur la menace dans la conduite des relations avec les pays du voisinage, et place la gestion des insécurités au cour de ses priorités. Nous nous proposons d'explorer ce paradoxe apparent au travers d'une reconstruction de la genèse de la politique de voisinage, qui met en relation les discours autorisés produits sur le voisinage depuis janvier 2002, et les usages de ces discours dans les pratiques des agents chargés de l'élaboration de la PEV.
  • Author: Thierry Balzacq
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La politique européenne de voisinage (PEV) est un dispositif intégré, particulièrement ambitieux, de politique étrangère. Son but principal est de s'assurer que les frontières externes de l'Union européenne (UE) n'entravent les échanges commerciaux, la coopération régionale, les interactions sociales et culturelles. Les processus de la PEV combinent donc, d'un seul tenant, les trois piliers de l'Union
  • Author: Thierry Balzacq
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'élargissement de décembre 2004 a soulevé, pour l'UE, des questions stratégiques redoutables. Comment canaliser – et endiguer – les aspirations des uns et des autres à l'adhésion, sans compromettre la qualité des relations qu'elle souhaite entretenir avec les nouveaux Etats voisins ? Comment, dans ces conditions, construire une communauté de sécurité pluraliste à l'intérieur de l'espace de l'Union, sans que les voisins ne se sentent exclus ou – ce qui charrie des conséquences similaires – menacés ? Enfin, comment impliquer ces derniers dans la gestion des questions cruciales pour l'UE (immigration illégale, crime organisé, terrorisme, énergie) sans que cela ne soit vécu comme de l'ingérence ? De telles questions ne sont évidemment pas neutres par rapport à l'idée plus ou moins précise de ce que l'UE voudrait être, bien qu'elles ne se confondent pas avec elle. En effet, pour le dire autrement, l'élargissement n'a pas fait qu'intégrer de nouveaux Etats-membres, elle a aussi eu pour résultat immédiat d'instituer des lignes de séparation inédites et, par la suite, de porter les frontières externes de l'Union, à l'Est essentiellement, au contact d'une constellation de voisins jugés différents du point de vue économique, social et politique.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Ruben Zaiotti
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La sécurité est un élément central de la Politique européenne de voisinage (PEV), une initiative récente de l'Union européenne à l'attention des pays qui, depuis la dernière vague d'élargissement de l'Union, se trouvent désormais aux frontières extérieures de l'Europe 1. L'objectif affiché de la PEV est en fait d'établir, autour des bordures de l'Europe, un « "cercle d'amis" – caractérisé par des relations étroites et pacifiques fondées sur la coopération 2 ». En d'autres termes, l'Europe rêve de la création d'une « communauté de sécurité 3 » pan régionale. Pour y parvenir, la PEV s'est dotée d'une série de mesures ayant pour but de protéger l'UE et ses voisins de menaces communes comme le terrorisme, l'immigration clandestine et le trafic de stupéfiants. Ces mesures sont toutefois présentées comme corollaires à la principale motivation qui voudrait que la PEV garantisse que cette communauté de sécurité devienne une réalité, notamment la promesse faite aux voisins de leur offrir un accès élargi au marché commun.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Sarah Wolff
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Au lendemain de la fin de la Guerre froide, les phénomènes de la « déterritorialisation » des menaces ainsi que de la reconceptualisation de la notion de frontières accompagnaient une transformation du concept de sécurité européenne. La globalisation et la transnationalisation des menaces ont en effet provoqué une altération progressive des notions de frontières intérieures et extérieures. Les frontières contemporaines, produit de constructions sociales et de cadres cognitifs, sont le résultat de l'émergence de nouvelles communautés sécuritaires qui dressent de nouvelles frontières entre « insiders » et « outsiders » Les entités géographiques comme l'Europe définissent leurs frontières selon leur propres perceptions et pratiques sécuritaires. Cela a conduit à l'apparition de nouveaux discours qui « ne font plus la distinction entre sécurité intérieure et sécurité extérieure », et se caractérisent par une vision large de la notion de sécurité, y incluant les questions énergétiques, les droits de l'Homme, les questions migratoires mais également le crime organisé.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Olivier Cahn
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Procéder à l'étude d'une décision de justice cinq ans après qu'elle a été rendue ne fait pas sens a priori . Cependant, deux motifs justifient de passer outre cette réserve. En premier lieu, un ouvrage publié récemment contient une anazlyse de cet arrêt qui confirme que, faute pour ce dernier d'avoir jusqu'à présent fait l'objet d'un commentaire par la doctrine française, l'appréhension de son apport et de ses implications demeure largement erronée En second lieu, et de manière plus déterminante, envisagée dans une perspective contemporaine et à la lumière d'éléments récents, il apparaît que cet arrêt présente une actualité pro- pre à alimenter, non la polémique, mais bien la réflexion. Il participe en effet d'une critique du traitement réservé par l'institution judiciaire française à l'acti- vité des services de police qui conserve sa pertinence et son acuité.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Rayan Haddad
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Une analyse relationnelle axée sur les logiques d'action concurrentes d' Al Qaïda 2 et du Hezbollah peut de prime abord surprendre le lecteur méconnaissant la scène moyen-orientale. Les deux parties, malgré leurs distinctions identitaires (et pas n'importe lesquelles puisque la division « sunnite / chiite » est un peu partout présentée comme la « clef de voûte analytique » d'un Orient finalement bien compliqué...), ne relèvent-elles pas finalement d'un même phénomène d'islamisme radical décrié par un grand nombre de médias contemporains ? L'approche peut de même provoquer un froncement de sourcils chez ceux qui connaissent mieux la géopolitique régionale. Malgré la similitude parfois de leur mode de violence opérationnel (« kamikaze »), la mouvance salafiste jihadiste n'est-elle pas la manifestation d'une contestation fanatique et déterritorialisée de l'ordre mondial, alors que le « parti de Dieu » s'inscrit dans l'optique de la libération (« légitime ») d'un territoire national ? Comment dès lors parler de concurrence ? Les deux parties n'ont pas les mêmes référents idéologiques (khomeynisme / salafisme), pas la même définition de leur champ d'action ni – par conséquent – la même hiérarchisation (effective et non rhétorique) de l'ennemi (Israël dans un cas, les Etats-Unis et l'Occident dans l'autre), pas les mêmes valeurs jihadistes (illégitimité / légitimité de prendre pour cible des civils occidentaux), pas la même organisation structurelle (fortement centralisée / décentralisée), et ne s'adresseraient pas a priori à un même public islamiste (localiste ou régionaliste d'une part, transnational de l'autre). En réalité, bien qu'elle soit virtuelle et à distance, l'objet de cet article est de montrer qu'il y a bel et bien dans certains cas concurrence idéologique entre le Hezbollah et Al Qaïda au niveau de la captation des cours et des esprits d'une audience panislamique mondiale, conduisant (peut-être parfois) à une logique de mimétisme, mais surtout à des stratégies de distinction entre les deux parties. Cette concurrence a pour toile de fond un contexte moyen-oriental où les sentiments anti-impérialistes battent son plein, et où l'on observe un processus de réactivation d'identités religieuses transfrontalières questionnant la légitimité de l'ordre régional. Nous proposons de présenter tout d'abord les contextes respectifs d'émergence des contestations khomeynistes et salafistes jihadistes.
  • Political Geography: Afghanistan
  • Author: Miriam Perier, Jill Magid
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Mon intérêt s'est alors tourné vers les caméras comme représentations. De pouvoir ? De sécurité ? Etaient-elles des outils ou bien simplement des gargouilles ? J'ai commencé à les observer comme des ornements architectu- raux et à les traiter comme tels. Après avoir recouvert de bijoux certaines des caméras situées près de mon studio et constaté que, avant cela, personne dans le quartier n'avait remarqué leur présence, j'ai voulu poursuivre cette expérience. J'ai alors contacté le bureau central de la police d'Amsterdam pour savoir si je pouvais ornementer les caméras sur leurs façades. Ils refusèrent net toute relation de travail avec une artiste. J'ai alors créé mon entreprise, System Azure, et suis revenue vers eux avec la même proposition. Ils ont accepté et, de fait, ils m'ont embauchée : " Jill Magid Head Security Ornamentation Professional of System Azure " »
  • Author: Christian Olsson, Pauline Vermeren
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Au-delà des discours souvent standardisés et galvaudés sur les « nouvelles missions » militaires en opération extérieure (« Opex ») de « paix » ou de « stabilisation », ce numéro de Cultures Conflitsse propose de déplacer le regard sur ces pratiques internationales de coercition pour les éclairer par un certain nombre de problématiques historiques, politiques et sociologiques plus larges. Ce « décentrement » du regard découle ici de trois constats.
  • Topic: War, Military Strategy
  • Author: Thomas Lindemann
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Lorsque l'armée américaine prend, le 9 avril 2003, le contrôle de Bagdad, rien ne laisse présager qu'elle deviendra l'ennemi de la population irakienne. Si les troupes américaines ne reçoivent pas l'accueil triomphal espéré, leur présence est pour autant saluée par de nombreux Irakiens dans l'espoir d'éviter le retour du régime baasiste. Ils sont convaincus que leur « sort ne peut que s'améliorer après des années de souffrance ». Quatre ans plus tard, le bilan de l'action américaine semble pour le moins mitigé : des milliers de soldats ont été tués, les attentats contre les forces armées américaines et le régime en place sont devenus quotidiens. En outre, des cas de torture et de mauvais traitements mettant en cause des soldats américains sont apparus au grand jour. Même les observateurs les plus optimistes n'imaginent pas que les violences civiles pourraient rapidement cesser.
  • Topic: Population
  • Political Geography: Canada
  • Author: Christian Olsson
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Chaque fois que les incidents de guerre obligent l'un de nos officiers à agir contre un village [...], il ne doit pas perdre de vue que son premier soin, la soumission des habitants obtenue, sera de reconstruire le village, d'y créer un marché, d'y établir une école. C'est de l'action de la politique et de la force que doit résulter la pacification du pays et l'organisation à lui donner plus tard ». Général Gallieni, instructions fondamentales du 22 mai 1898 à Madagascar.
  • Political Geography: France, Tamil Nadu
  • Author: Christian Olsson
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: "Cada vez que los incidentes de guerra obligan a uno de nuestros oficiales a actuar contra una población [...], no debe olvidar que su primera preocupación, una vez que se haya obtenido la sumisión de sus habitantes, ha de ser la de reconstruir dicha población, crear un mercado, construir una escuela. La pacificación del país y, más tarde, la organización que se le ha de otorgar, han de resultar de la acción de la política y de la fuerza". General Gallieni, instrucciones fundamentales del 22 de mayo de 1898 en Madagascar.
  • Political Geography: Afghanistan, Iraq
  • Author: Georges-Henri Bricet des Vallons
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Apparue aux Etats-Unis dans les années 1960-1970, dans un contexte marqué par l'émergence des masses contestataires et des mouvements de défense des droits civiques, la théorie de la non-létalité a gagné à partir du début des années 1990 une place centrale dans la réflexion militaire sur les conflits asymétriques et la guerre urbaine. La mise en service à titre d'expérimentation en 2006 en Irak, dans le cadre de la politique de contre-insurrection, d'armes comme le Long Range Acoustic Device (LRAD) et l' Active Denial System (ADS) a signé une étape primordiale dans le développement de systèmes antipersonnels de nouvelle génération. L'apparition de ces armes à énergie dirigée amène à s'interroger sur la nature de la révolution scientifique et stratégique que tente de promouvoir la théorie de la non-létalité.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Jean-Paul Hanon
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La restructuration des polices en Allemagne depuis le milieu des années 1990 et, parallèlement, la redéfinition des missions de la Bundeswehr constituent les développements marquants d'une politique étrangère allemande qui s'inscrit délibérément dans le cadre plus général de la politique européenne de sécurité commune, avec cependant quelques interrogations remarquables.
  • Topic: Politics
  • Political Geography: Europe
  • Author: Salvatore Palidda
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Les missions militaires italiennes à l'étranger au cours de ces dernières années peuvent être considérées comme un « fait politique total ». Elles sont en effet caractérisées et marquées par l'entrelacement de multiples aspects et acteurs de la société italienne ainsi que de leurs relations avec l'extérieur. Elles sont ainsi révélatrices des mutations économiques et politiques que ce pays a connues depuis la fin des années 1970. Nombre de ces aspects et acteurs, ainsi que les multiples interactions en jeu (directes et indirectes), ne sont pas évidents à analyser, les éléments empiriques nécessaires à une étude sociologique approfondie n'étant pas toujours disponibles. En effet, il s'agit d'un univers d'activités qui oscillent entre le public et le secret, et parfois même entre le légal et l'illégal (voir infra ). Par ailleurs, les perspectives interprétatives et d'analyse pour la recherche dans ce domaine ne semblent pas encore suffisamment adaptées aux changements qui se sont succédés depuis le début des années 1980 et davantage encore au cours de ces dernières années. En effet, les conséquences de la « Révolution dans les affaires militaires » (RAM), de la révolution technologique et du développement néo-libéral ont provoqué une prolifération et une hybridation de différents éléments et acteurs qu'il n'est pas toujours facile d'appréhender au travers d'un cadre d'analyse unitaire Cela est d'autant plus vrai que, si le développement des activités économiques et surtout financières des acteurs italiens à l'étranger sont apparemment tout à fait indépendantes des affaires militaires, les choix dans ce dernier domaine semblent pourtant de plus en plus conditionnés par les premières (et cela ne concerne pas seulement le marché des armements).
  • Political Geography: Europe
  • Author: Massimiiliano Guareschi, Maurizio Guerri
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Il devient chaque jour plus difficile de tenter de déterminer la forme-guerre car la seule règle manifeste de la violence est de n'en avoir aucune, si ce n'est celle d'avoir lieu de manière ubiquiste, changeante, equivoque. Les visages ou les masques qu'elle assume aujourd'hui sont, tour à tour, le choc des civilisations, la guerre de religion, les opérations de police internationale, la lutte contre la terreur voire la diffusion du progrès et de la démocratie. Dans les guerres contemporaines, de nouveaux combattants se mêlent et se superposent aux anciens guerriers : soldats réguliers et irréguliers, mercenaires, agents secrets, terroristes, pirates et kamikazes. C'est pour cette raison que l'idée de tenter de déterminer les contours de la guerre à travers la figure des combattants, ceux qui risquent leur vie pour donner la mort, représente un passage difficile mais nécessaire afin de ne pas tomber dans ce que Jacques Derrida a appelé « le sommeil dogmatique », c'est-à-dire l'usage des lieux communs exploités en permanence par le journalisme et par les administrations gouvernementales qui partent toujours du présupposé que les significations respectives de « guerre » et « paix », de « démocra- tie » et de « terrorisme » sont évidentes. Si nous voulons tenter de comprendre les dynamiques actuelles, nous devons abandonner la conviction tranquillisante et très répandue selon laquelle il y a dans ces termes quelque chose de tenu pour acquis, quelque chose qui peut être abandonné au préjugé du soi-disant « sens commun ». Durant ces dernières années, des analyses approfondies de caractère juridique, politique, philosophique se sont unies à des protestations de masse pour dénoncer l'absence de clarté des termes « war » et « terrorism » dans le slogan « war on terrorism ». Cependant, malgré tout ce qu'il y a d'« obscur, de dogmatique ou de pré-critique », cela « n'empêche pas les pouvoirs prétendus légitimes de s'en servir quand cela leur semble opportun ».
  • Political Geography: Afghanistan
  • Author: Mathieu Rigouste
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Faire la généalogie des figures de l'ennemi intérieur dans la pensée militaire française permet de montrer comment la pensée sécuritaire a été alimentée à partir de la reformulation d'un certain nombre de dispositifs de contrôle conçus pour, par et au travers de la guerre coloniale. En analysant la manière dont les courants dominants de la pensée militaire française ont conçu le contrôle de l'immigration, nous avons observé la reconstruction d'un ennemi intérieur socio-ethnique, la régénération puis la généralisation dans le temps et dans l'espace, à travers le modèle sécuritaire, d'une technologie conçue pour le contrôle exceptionnel de populations infériorisées : la lutte contre-subversive.
  • Topic: Security
  • Political Geography: France
  • Author: Estelle Durand, Antonia Garcia
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: On ne voit pas. La pupille se dilate. Si la salle est grande ou petite, on l'ignore. Cela non plus, on ne le voit pas. Je suis assise entre deux vieilles dames. A ma droite, une amie. A gauche, une inconnue. Je l'ai vue dans le hall d'entrée du théâtre de la Colline, avant d'entrer. On nous a faites entrer ensemble à la « queue leu leu », en nous tenant par l'épaule (par file de cinq). C'est ainsi qu'on nous a conduites dans la salle plongée dans le noir le plus complet dès notre arrivée. Aucune idée donc de sa dimension, de la disposition des sièges, de l'emplacement d'une scène éventuelle. La vielle dame, l'inconnue, entrée en même temps que nous, assise sur ma gauche, me parle. Elle dit : « mademoiselle... est-ce que ça vous gênerait que je vous tienne la main ? Je ne suis pas rassurée ». Cela ne me gêne pas. Je prends la main qu'on me donne. Je la garderai pendant une bonne partie du spectacle. Mais qu'est-ce que c'est que ce spectacle.
  • Author: Elwis Poitier
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Propagande et foi, propagande et mensonge, propagande et guerre, propagande et médias, propagande et publicité, propagande et pouvoir, propagande et démocratie, etc., autant de thématiques attendues et considérées comme telles dans les études devenues « classiques » qui traitent de ces problématiques, maintes fois discutées à travers différents champs disciplinaires des sciences humaines et sociales. A première vue, nous pouvons constater combien la propagande déborde les frontières de ces champs, allant même jusqu'à recouvrir pratiquement certains d'entre eux, constitués d'attelages périlleux, comme c'est le cas pour la psychologie politique. De fait, celle-ci entretient des rapports pour le moins intimes – incestueux même – avec la propagande : la propagande n'est-elle pas la fille de la psychologie politique, elle-même soeur de la psychologie sociale ? Telle est la question qui revient à l'ordre du jour dès lors que l'on se penche sur ce que représente la propagande pour la psychologie politique. C'est précisément pourquoi il est intéressant de rapprocher les ouvrages de Michel-Louis Rouquette et de Alexandre Dorna (avec J. Quellien), les deux auteurs psychologues sociaux étant également les principaux représentants de la psychologie politique en France. Chacun à sa façon tente d'aborder la propagande dans cette optique, tout en portant un regard transversal sur les différentes problématiques de la propagande, problématiques parfois éculées jusqu'au bout de leurs apories, telle la lancinante question de la manipulation qui conduit certains à voir de la propagande partout où il y a manipulation. Ainsi, la succession plus ou moins logique de ces difficultés conceptuelles semble dessiner l'horizon indépassable de la recherche sur la propagande. Les termes auxquels la propagande est habituellement associée, quelquefois par opposition dans l'espoir d'isoler la singularité du phénomène (comme avec la communication politique, plus rarement avec la guerre psychologique), le sont de plus en plus par amalgame, mêlés dans des expressions qui entretiennent la confusion, comme par exemple la « propagande sociologique » ou la « propagande démocratique » employées à tort et à travers. Toutes ces notions, et quelques autres, se répondent et se relient dans une configuration dont on ne sait plus très bien si elle est le produit de la propagande ou si c'est la propagande qui en est le produit.
  • Author: Manon Jendly
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Cest principalement au nom de l'ordre et de la sécurité que se sont multipliés au fil des ans les centres de rétention administrative. Ces lieux de contrainte n'ont jamais cessé de se développer sous une pluralité de formes distinctes, depuis leur apparition au début du XIX e siècle et leur généralisation durant la Seconde Guerre mondiale. De nos jours, il apparaît que ces centres procèdent principalement d'une politique systématique d'exclusion, synonyme, le cas échéant, d'expulsion, qui inscrit notamment la figure de cet autre – l'étranger – au cour des préoccupations nationales des sociétés occidentales. L'intérêt de l'ouvrage ici recensé est de nous rappeler, par ses dimensions sociopolitiques et historico-juridiques, la propension de nos gouvernements à recourir davantage à l'internement administratif et, simultanément, l'inertie de notre conscience collective à s'emporter contre le caractère arbitraire et autarcique de cette pratique, réminiscence d'une mise au ban à durée indéterminée.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Didier Bigo
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Ce numéro de Cultures Conflits n'est pas un numéro thématique, contrairement à notre habitude. Néanmoins, malgré l'hétérogénéité de contributions venant de divers colloques et de textes proposés spontanément à la revue, il existe une sorte de fil d'Ariane qui court entre les articles et qui est sans doute le reflet du monde contemporain ainsi que des préoccupations de nombre de chercheurs quant aux implications de certaines pratiques sur les libertés contemporaines. Ce fil d'Ariane concerne la circulation des personnes, leur droit et leur capacité de mouvement à l'échelle internationale, leur liberté et leur désir de bouger ou de pouvoir rester sur place, et la volonté de contrôle des gouvernements – y compris démocratiques –de tracer les mouvements browniens de ces individus, de filtrer et trier ceux qui sont désirables et ceux qui sont indésirables, de recenser et garder en mémoire ces mouvements. Cela a pour but non seulement de fixer dans les bases de données le rapport que chaque individu a avec la circulation transfrontalière, mais aussi d'en tirer des leçons afin de construire des profils de personnalités, inconnues mais néanmoins considérées par analogie avec d'autres cas, comme présentant des risques : risques à la santé publique, à l'économie et aux bénéfices sociaux reçus par les citoyens et les personnes régulièrement entrées sur le territoire d'un Etat, à la sécurité publique. Ce risque, construit comme un calcul rationnel évaluant le comportement d'individus inconnus à travers des critères de dangerosité, analysé ex-post, à partir de cas précis du passé, tend à structurer une volonté de contrôle du futur des mouvements individuels, une volonté d'anticipation des trajectoires avant même qu'elles ne se réalisent. Le caractère hautement hasardeux de telles spéculations sur l'avenir de la part des agences de sécurité ou des acteurs privés qui les élaborent, de même que les doutes sur la validité du savoir qui constitue ces catégories, en particulier lorsque l'on cherche à déduire à partir de caractéristiques corporelles les comportements ou même les idées d'un individu donné, et encore plus d'un individu idéal typique construit comme matrice du danger potentiel, sont la plupart du temps mis de côté, « suspendus » au nom de l'urgence à faire quelque chose, à agir avant qu'il ne soit trop tard ; la scientificité apparente des moyens masquant la dimension astrologique des spéculations qui ont fondé ces analyses de risque où le « mythe est dense dans la science ». La tentative de réduire le futur à un futur antérieur et, dès lors, un futur lisible et connu, à partir duquel « prévenir » le pire, est sans doute le rationale ou la logique diagramatique qui traverse les différents dispositifs de pouvoir contemporain qui sont ici étudiés dans leurs spécificités. Ils ne conduisent pas tous et tout le temps à des pratiques d'exception, à des dérogations permettant à des formes intrusives de surveillance et de contrôle de se développer. Certains dispositifs sont même appelés de leurs voeux par des individus qui se sentent en permanence en situation de peur ou tout du moins d'inquiétude et dont les repères traditionnels sont changés par les transformations globales contemporaines concernant le marché du travail, les inégalités sociales, la formation de groupes d'experts. La surveillance des mouvements sous forme anticipatrice peut alors être réclamée par tous, en particulier par ceux qui pensent qu'ils n'en seront pas l'objet parce qu'ils bougent peu ou parce qu'elle ne s'appliquerait qu'aux autres, aux étrangers. La complicité active aux chaînes de servitude évoquée par La Boétie est bien actuelle, et elles se sont maintenant élargies à une demande d'auto-surveillance concernant non seulement les documents traçant les mouvements et les passages de frontières, mais aussi les corps eux-mêmes des sujets. Il en résulte un appesantissement de la surveillance et du contrôle des corps qui va au-delà des contrôles aux frontières, des visas et de la police à distance et qui s'institue à travers une nouvelle relation entre identifiants biométriques (toujours plus interne et non modifiable par l'individu) et instantanéité des échanges d'information entre bases de données informatiques interopérables à l'échelle, sinon mondiale, du moins transatlanti- que, tout au moins pour un certain nombre de services chargés du renseignement et de la lutte contre la violence politique, le crime et, de plus en plus, les irrégularités de passage des frontières. Quand cet appesantissement de la surveillance au nom de la prévention s'opérationnalise dans des contrôles a priori s'appuyant sur des logiques de suspicion portant sur des groupes particuliers, marqués par leurs appartenances religieuses, ethniques ou minoritaires et par leurs motivations idéologiques, il débouche souvent sur des pratiques illibérales, visant à s'extraire des règles élémentaires de contrôle démocratique, et débouche sur ces archipels d'exception qui sont à l'oeuvre aussi bien dans les camps de type Guantanamo, dans les enlèvements de suspects par les services de renseignement et leur remise à d'autres services qui s'autorisent la torture, que dans les formes plus bénignes a priori pour l'individu, mais plus généralisées, de centres de détention pour étrangers aux frontières ou en amont de celles-ci ou encore, de manière moins visible, par des politiques préemptives d'interdiction de visa empêchant les personnes de se déplacer là où elles désiraient se rendre. L'hétérogénéité de ces dispositifs et de leurs effets sur les individus empêche d'y voir, à notre avis, une seule logique implacable, celle d'une modernité technocratique transformant les individus en individus réduits à leur bios, et leur niant leurs formes de vie institutionnelles. Les résistances sont diverses, multiples et les projets des programmes d'exception n'ont pas la même teneur selon qu'il s'agit d'emprisonner indéfiniment ou de renvoyer le plus vite possible un indésirable. Mais, on le verra, le débat est ouvert entre les auteurs qui, comme Agamben, y voient une tendance lourde des sociétés contemporaines, dépassant de loin les effets du 11 septembre, mais reconnaissant son impact accélérateur, et ceux qui insistent sur les spécificités de chaque dispositif et les normes et valeurs libérales qui contraignent les gouvernements qui s'en réclament et qui ont dans leur société des contre-pouvoirs effectifs, ainsi qu'une tradition enracinée de libertés publiques.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Josep Ramoneda
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'exception est une expression du caractère arbitraire du pouvoir. Zygmunt Bauman l'a expliqué dans sa lecture du livre de Job. Le pouvoir ne peut jamais être entièrement régulé parce qu'il perdrait sa principale force, celle qui découle de son caractère capricieux, extravagant, imprévisible. L'Etat moderne s'est construit sur le principe de souveraineté. Celui-ci accorde le dernier mot à la citoyenneté et trouve dans la loi la façon de limiter le pouvoir de ceux qui gouvernent par délégation ; il détermine les frontières physiques du pouvoir politique de la souveraineté. Nul besoin d'être particulièrement nietzschéen pour comprendre que la volonté des grands pouvoirs est d'échapper au contrôle des citoyens et de s'approprier le droit d'avoir le dernier mot. Cette tentative s'appelle le principe d'exception. Et c'est une constante de l'exercice du pouvoir tout au long de l'histoire.
  • Author: Ulrich Beck
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'Europe ne peut devenir un Etat ni une nation, et elle ne le fera pas. Elle ne peut donc être pensée en termes d'Etat-nation. Le chemin vers l'unification de l'Europe ne passe pas par l'uniformisation, mais plutôt par la reconnaissance de ses particularités nationales. La diversité est la source même du potentiel de créativité de l'Europe, le paradoxe étant que la pensée nationaliste peut être le pire ennemi de la nation. L'Union européenne est plus à même de faire avancer les intérêts nationaux que ne le feraient les nations en agissant seules.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Federico Rahola
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Un récit extraordinaire de l'écrivain palestinien Ghassan Kanafani, Rijal fil Sharns , datant de 1963 , décrit la tentative tragique de trois jeunes Palestiniens voulant rejoindre le Koweït. A Bassorah, en Irak, les exilés rencontrent un contrebandier qui transporte des « marchandises » dans le container de son camion-citerne. Ils lui demandent, moyennant argent, s'il peut les emmener jusqu'à la frontière. Lorsqu'ils sont presque arrivés à destination, le conducteur s'arrête sous un soleil de plomb pour discuter avec les gardiens. Il oublie son « chargement » (ou peut-être pas), et les Palestiniens meurent asphyxiés sans que personne ait pu entendre leurs cris.
  • Political Geography: Iraq
  • Author: Alain Brosset
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: On a vu apparaître ces dernières années, dans le vocabulaire de la contreterreur développée par l'administration des Etats-Unis, une nouvelle expression – « extraordinary rendition » – que l'on traduit généralement en français par « transferts spéciaux ». Nous allons tenter ici de poser quelques questions actuelles à propos de la souveraineté et des frontières, en partant des dispositifs et des usages que suppose cette notion.
  • Political Geography: Afghanistan
  • Author: Paolo Cuttitta
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Comment les frontières du pouvoir territorial – c'est-à-dire les frontières des Etats et d'autres entités politiques territoriales, comme l'espace Schengen et l'Union européenne – opèrent et se manifestent-elles dans le champ de la gestion de l'immigration ? Telles sont les questions auxquelles nous tenterons de répondre dans cet article.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Gerard Beaudu
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Depuis quelques années, un nombre croissant de consulats des Etats membres se sont engagés dans une voie nouvelle, celle du recours aux services d'opérateurs privés qui exécutent une série de tâches faisant normalement partie de la « procédure visas » et qui étaient assurées jusque-là par les services visas des consulats. Ces tâches sous-traitées à des prestataires extérieurs incluent le planning et la gestion des rendez-vous des demandeurs de visa au consulat, l'information par téléphone ou par le biais de sites Internet sur les procédures à sui- vre, la réception, la vérification et la transmission des dossiers aux consulats, l'encaissement des frais de dossier et, enfin, la restitution des passeports aux demandeurs. Pour ces tâches, les opérateurs perçoivent une rémunération versée non pas par les consulats, mais par les demandeurs de visa eux-mêmes.
  • Political Geography: Ukraine
  • Author: Michel Peraldi
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Sous le terme général d'« économies criminelles », on rassemble usuellementdes activités qui visent la production, la circulation, la commercialisation deproduits interdits d'un point de vue moral ou légal, des activités dont l'organisation et l'effectuation incorporent une part de violence physique réellementexercée ou potentiellement présente dans l'organisation même du cycle productif, et enfin des activités menées par des individus, des groupes marginaux oudéviants, dans des conditions de totale ou de relative clandestinité. En Italie, oùles recherches sur ce thème ont certainement la plus grande ampleur historique,théorique et empirique, les chercheurs ont complété cette définition en spécifiant que ces économies criminelles sont le fait de groupes organisés et hiérarchisés, fondés sur des codes et des rituels d'appartenance (mafia, camorra, n'dranghetta, etc.). Vaille que vaille donc, et surtout à la lumière des travaux italiens ouanglo-saxons pionniers en la matière, il semblait établi que les économies criminelles concernaient des comportements économiques aberrants, parasites, archaï-ques, caractéristiques de groupes, d'individus ou de territoires marginalisés, lorsque les défections ou les faiblesses de l'Etat rendaient possible le développementd'une « autorité politique extralégale ». R. Sciarrone précise ainsi que même si cesgroupes ont pu s'emparer de domaines économiques et développer leurs affaires jusqu'à l'échelle mondiale, ils ne changent rien à la force et la nécessité de leurancrage territorial. Ajoutons enfin une dimension méthodologique essentielle :l'identification de ces acteurs sociaux, individuels ou collectifs passe d'abord parun signalement judiciaire ou policier. C'est en effet d'abord parce que leurs activités tombent sous le coup de la loi et que cellesci font l'objet de poursuites, queles groupes ou les individus sont « observables » dans des conditions où les chercheurs sont quasi exclusivement tributaires des données policières ou judiciaires.En poussant le raisonnement, on peut alors se demander si le caractère spécifiquede leurs activités n'est pas purement déduit, par nature en quelque sorte, ducaractère délictueux ou criminel de leurs pratiques. En somme, s'il n'y avait nimeurtres ni violence, pourrait-on parler d'économies criminelles comme d'unregistre identifiable, observable de faits économiques ? Parallèlement au débatitalien sur la nature économique, institutionnelle et sociale des organisationsmafieuses, ravivant la question de la nature « moderne » et capitaliste des entrepreneurs criminels, on assiste aujourd'hui à un double phénomène qui rendnécessaire un retour d'analyse sur l'évolution des phénomènes économiques ditcriminels vers la globalisation. D'une part, les organisations criminelles investissent tôt ou tard les économies « légales », et la question se pose alors de l'efficience économique directe des comportements et méthodes mafieux, qui ne peuvent plus alors être ramenés à des mécanismes aberrants ou parasites puisqu'ilssont alors au cour de l'économie. L'apparition de phénomènes criminels dans lesanciens pays du bloc socialiste notamment et surtout le moment de leur apparition, comme immédiate recomposition d'acteurs issus directement des mondesdirigeants de l'ancien régime, pose à notre sens de manière radicalement nouvelle la question des relations entre les acteurs, logiques et dispositifs de l'économie criminelle et ceux des économies « vertueuses ».
  • Political Geography: Europe
  • Author: Miriam Perier, Benoit Cailmail
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La crise politique liée à l'émergence du mouvement maoïste en février 1996 et à ses relatifs succès a plongé le gouvernement et la fragile démocratie du Népal dans une sorte de décadence et de chaos. Les institutions politiques, déjà instables et au cour de luttes partisanes et de formes de corruption plus ou moins aggravées, n'ont été que davantage fragilisées par ce conflit qui a forcé leur retrait des zones rurales (la quasi-totalité du territoire népalais en somme). Cette perte de contrôle et de légitimité des instances politiques, incapables de régler la crise par la voie politique de la négociation, ont offert à l'armée et au roi, son chef suprême, des pouvoirs renforcés et difficiles à contester - tant du point de vue national, régional, qu'international -, du moins au départ. Mobilisée en novembre 2001 au bout de cinq années de conflit devant l'échec de la police, l'armée avait pour mission initiale d'engager et de permettre des négociations avec les rebelles. Or, rapidement, comme la suite des événements l'a montré, son rôle répressif a pris le pas sur le reste.
  • Political Geography: Nepal
  • Author: Emmanuel-Pierre Guittet, Amandine Sherrer
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Si on ne compte plus les ouvrages proposant en langue française des « introductions » aux relations internationales ou encore des « dictionnaires » éponymes, aucun ouvrage–à de rares exceptions près–n'avait alors jusqu'ici traité exclusivement, en français, des développements théoriques de la discipline des relations internationales. Pourtant, de tels réflexions et débats ont fait l'objet d'une production livresque qui a connu un essor considérable ces cinquante dernières années dans le milieu académique anglophone. Une des raisons manifestes de ce quasi-silence éditorial, particulièrement en France, réside sans nul doute dans la structuration même du champ universitaire français qui peine à accorder aux relations internationales un statut de discipline à part entière. Il existe certes une tradition d'histoire des relations internationales, comme il existe un grand nombre d'ouvrages sur le droit international (public ou privé) et un intérêt clair–et non des moindres–des sciences politiques pour les cadres, les actions et les acteurs de la scène internationale. Cependant, il faut bien reconnaître ici que les relations internationales n'ont été le plus souvent traitées que comme des excroissances de ces disciplines maîtresses que sont l'histoire, le droit et les sciences politiques . Le fait de parler de théorie des relations internationales a souvent suscité des moqueries ou, tout du moins, des interrogations et une forme de scepticisme partagée par les tenants de la vieille garde du monde académique. Il y a là un paradoxe, en tous les cas pour la science politique, à la vue de sa propre histoire d'émancipation académique envers le droit. Plus généralement, il y a là une incompréhension envers une discipline des relations internationales qui, vieille de cinquante ans, afficherait des prétentions théoriques et un langage jargonnant. Les relations internationales sont en effet le plus souvent présentées sous des formes thématiques (équilibre des puissances, sécurité internationale, etc.) et sectorielles (économie internationale, politique étrangère, etc.), mais plus rarement sous l'angle de leurs théorisations. Produire un livre de théories propres aux relations internationales en langue française relèverait-il ainsi de la provocation ou de la mystification ? Il existe pourtant un vide en la matière quand on considère le nombre incalculable de manuels de théories des relations internationales publiés chaque année en langue anglaise, qui montrent une vitalité intellectuelle indéniable et une préoccupation complexe mais cohérente pour se donner les moyens de penser l'international, ses situations, ses acteurs et les facteurs endogènes et exogènes de leurs actions et/ou de leurs inactions.
  • Political Geography: France
  • Author: Amanda S. A. Dias
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « La peinture, même le dessin, c'est un art qui aime expliquer les problèmes aux peuples ; sinon ce n'est pas de l'art. Il faut chercher les manières de résoudre ce problème. Les difficultés pour vivre, la position économique, la pauvreté... Comment peut-on l'expliquer ? Par exemple, l'auteur écrit : c'est un art, c'est l'art d'écrire ; le poète fait un poème : c'est un art ; les gens du théâtre, les artistes du théâtre font des pièces pour résoudre un certain problème. Donc les peintres, ils doivent s'interroger sur les problèmes qu'ils rencontrent. Pour moi, quel est le problème le plus important ? C'est le problème de la Palestine. Je parle du problème palestinien. Mais à l'aide des personnes. Et tu vois que tous les tableaux parlent, ou bien cherchent à résoudre, ou à faire comprendre, le problème palestinien. [...] Comment me demander d'oublier le problème principal de ma vie ? Je pense que tu as vu que je pleure lorsque je parle de comment j'ai quitté la Palestine. Comment me demander de quitter et d'oublier mon pays ? »
  • Author: Jérôme Valluy
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Annoncée à la télévision le 8 mars 2007 par le candidat Nicolas Sarkozy, la création du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement a d'abord été en France une promesse électorale, un sujet de campagne et aurait pu connaître le sort d'autres idées de ce genre : être oubliée ou reformulée une fois le candidat arrivé au pouvoir. On pouvait alors se demander s'il ne s'agissait que d'un simple gadget de campagne, destiné à ratisser les voix de l'extrême droite, ou d'un axe idéologique et stratégique de recomposition de la droite autour de son nouveau leader . Le 18 mai 2007, l'annonce de la composition du gouvernement apporte des éléments de réponse : non seulement le nouveau ministère est bien là, mais en bonne position dans l'organigramme, confié de surcroît au plus fidèle collaborateur du nouveau président, avec un intitulé « à rallonge » qui laisse augurer d'un champ de compétence extensible, logé rue de Grenelle à proximité des Affaires sociales et du ministère de l'Education. On pouvait alors se demander encore si ce nouveau ministère serait éphémère, comme d'autres dans le passé (« temps libre », « économie solidaire », etc.), ou durable comme certains ministères récents (« culture », « environnement », etc.).
  • Political Geography: Europe
  • Author: Olivier Le Cour Grandmaison
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Annoncée à la télévision le 8 mars 2007 par le candidat Nicolas Sarkozy, la création mmigrés, « clandestins », « flux migratoires » et menaces diverses supposées peser sur la France en raison de la présence de « trop nombreux étrangers » que l'on dit mal intégrés à la société : vieille est cette antienne. En mai 2007, c'est elle qui a justifié la création, sans précédent connu, d'un ministère ad hoc doté de compétences multiples qui vont de la « gestion » de l'immigration à la défense de l'identité nationale en passant par l'intégration et le co-développement. Vaste programme. Pour l'heure, cette nouvelle administration et celui qui en a la charge se font surtout connaître par une activité menée avec un acharnement que rien ne vient tempérer : les expulsions massives d'étrangers en situation irrégulière pratiquées dans la continuité des orientations mises en ouvre par l'ancien ministre de l'Intérieur devenu président de la République. Comme le prouvent certains documents présents sur le site officiel du ministère que dirige Brice Hortefeux, une telle politique permet, conformément à la « culture du résultat » aujourd'hui de saison, de faire croire aux Français qu'en ces matières, le chef de l'Etat et le gouvernement font ce qu'ils disent et disent ce qu'ils font. Nouveauté ? Rupture, comme l'affirme le credo présidentiel relayé par de nombreux experts en communication ? A rebours de ce bruit médiatique savamment orchestré, on s'interro gera sur les origines républicaines, et la permanence d'un racisme et d'une xénophobie d'Etat que l'on découvre déjà présents dans les années 1920. Quels ont été leurs ressorts anthropologiques, ethnologiques et politiques ? Dans quelles circonstances ont-ils surgi ? Quelles furent alors, pour les populations coloniales visées, les conséquences juridiques des dispositions adoptées ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles nous chercherons à répondre.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Sylvain Laurens
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'administration de l'immigration repose en France sur un mode de légitimation fondé sur la notion de «souveraineté» et sur la distinction entre nationaux et étrangers. Elle est le produit d'une longue histoire de surveillance despopulations étrangères sur le sol national. Historiquement, l'étranger est celuiqui est exclu de la citoyenneté, soupçonné de ne pas faire preuve de «loyalisme». L'Etat, par la mise en place progressive de techniques d'identification,a cherché à contrôler ses déplacements d'abord à des fins politiques, puis pourdistinguer la main-d'ouvre nationale de la main-d'ouvre étrangère sur le marché du travail (surtout à compter des premières grandes crises économiques de lafin du XIXesiècle et l'instauration du code de la nationalité en1889). Ce modede domination bureaucratique repose sur un lexique singulier lié notamment àl'enracinement de la IIIeRépublique et à l'émergence d'un groupe de fonctionnaires spécialisés. L'administration coloniale repose, elle, sur un mode de légitimation fondé historiquement sur l'idée de «mission civilisatrice»: certains indigènes peuvent être des «nationaux», mais ils sont exclus des droits politiques,«la négation de ces droits étant la condition de leur infériorisation sociale».
  • Political Geography: France
  • Author: Marc Bernardot
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: I est possible d'apporter un éclairage original sur la production, l'utilisation, lamanipulation contemporaines des discours xénophobes et racistes par des institutions et groupes de pression publics et privés en interrogeant, dans une perspective sociohistorique, les politiques de contrôle des circulations et de modesd'établissement des étrangers. On peut ainsi suivre la trace, sur la longue durée,de certaines des conséquences pratiques et symboliques de la «xénophobie degouvernement», en étudiant ces laboratoires du traitement différencié et de l'essentialisation de groupes de populations, dont la figure centrale est l'immigrédécolonisé, que représentent les logements qui leur sont spécifiquement réservés.La question du logement est en effet centrale pour appréhender la prise en chargecontemporaine des migrants par les pouvoirs publics. C'est particulièrement lecas en France où l'Etat est intervenu dès le début du XXesiècle dans le contrôle del'installation et du déplacement des travailleurs indigènes en provenance descolonies, bien avant de développer une politique de logement social. A titre decomparaison, l'Angleterre, qui a aussi importé de la main-d'ouvre coloniale dèsla Première Guerre mondiale, a laissé les migrants autorisés à rester en métropoles'installer à leur guise dans les centres-villes dégradés notamment.
  • Author: Jérôme Valluy
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), qui accordait en 1973 le statut de réfugié à 85 % des exilés demandant l'asile, en 1990, le refuse à 85 % d'entre eux, au terme d'un retournement progressif mais rapide, en moins de vingt ans . L'élévation tendancielle des taux de rejets des demandes d'asile s'amorce dès le début des années 1970 (voir le graphique n°1) et se prolonge jusqu'à aujourd'hui où l'OFPRA rejette près de 95 % des demandes d'asile, la Commission des recours des réfugiés (CRR), juridiction d'appel contre les décisions de l'OFPRA, ramenant ce taux de rejet à 85 % environ. Durant ces quarante ans, le nombre total d'étrangers entrant annuellement en France, sous des titres de séjours divers, n'a pourtant jamais cessé de diminuer passant de 390 000 en 1970 à 192 000 en 1981 et 54 000 en 2004 , ou, pour l'exprimer autrement, à plus de 200 000 par an en moyenne durant les années 1960 à moins de 100 000 par an dans cette dernière décennie et la proportion d'immigrés par rapport à la population totale est demeurée stable de l'ordre de 7,5%.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Kees Groenendijk
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Dans son livre intitulé LTI, Notizbuch eines Philologues (LTI, la langue du IIIe Reich : carnets d'un philologue), écrit en 1947 mais malheureusement toujours d'actualité, Victor Klemperer décrit la façon dont un nouveau régime politique tente d'introduire de nouveaux termes dans le langage juridique officiel et dans le discours public. Il dépeint les réactions conscientes ou inconscientes des citoyens face à ces tentatives et explique le mécanisme par lequel une partie de ces termes tombe à nouveau dans l'oubli après quelques années. Il ne sera certes pas ici question de philologie comme dans l'ouvrage de Klemperer, il ne sera pas non plus question de comparer les évolutions politiques des dernières années aux Pays-Bas avec celles du national-socialisme des années 1930 en Allemagne.
  • Political Geography: Washington
38. Fragmenta
  • Author: Laurence Corbel, Ilias Poulos
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Alors que la fin de la Seconde Guerre mondiale marque, pour la plupart des pays occidentaux, le début d'une ère de paix, de prospérité et d'espoir pour l'avenir, la Grèce a vu la guerre antifasciste se transformer en guerre civile entre la résistance de gauche et le gouvernement en place. A la fin de cette guerre, en 1949, des milliers de civils et de combattants ont dû quitter e pays par peur des représailles. La population civile a été éparpillée un peu partout en Europe de l'Est.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Amandine Scherrer
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Les tentatives de compréhension du monde contemporain ont donné lieu à une littérature prolifique, plus ou moins opportune pour stimuler des réflexions d'envergure sur notre rapport à la modernité. Nombreux sont ainsi les ouvrages qui tentent d'apporter des éclairages sur ce qu'on désigne communément par « globalisation » Certains de leurs auteurs se sont notamment interrogés sur les formes de violence contemporaine, ainsi que sur les craintes et les appréhensions suscitées par cette « globalisation ». C'est précisément le propos de deux ouvrages récemment traduits en langue française, qui proposent une lecture différenciée, mais pas tout à fait opposée, des effets de la globalisation.
  • Author: Luis Martinez
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Comment expliquer l'attrait pour le courant jihadiste de certains jeunes musulmans en France ? Cet article montre comment se construit la justification de la radicalisation et les étapes qui rendent légitime le passage à l'acte violent. Le processus de justification du passage à l'acte violent - à l'attentat-suicide par exemple - s'inscrit dans un contexte qu'il faut comprendre : quelles sont « les structures sociales et organisationnelles qui peuvent promouvoir dans un moment donné, l'attentat-suicide ? ». Aussi, l'analyse du basculement dans la violence doit-elle recontextualiser les engagements et les trajectoires individuelles, car l'environnement dans lequel se construit le processus de justification apparaît comme déterminant. Le basculement dans la violence n'est pas le produit d'une frustration ou d'un symptôme psychologique. L'attentat-suicide, par exemple, est un véritable instrument de guerre. Il a un sens, répond à une logique et s'inscrit dans une finalité : un territoire à libérer, une communauté à reconquérir . Les entretiens réalisés auprès de jeunes musulmans d'origine nord-africaine permettent ici de souligner comment se construit la justification du passage à l'acte violent ; ils permettent aussi de comprendre que, pour que l'acte violent se réalise, des conditions générales et structurelles sont nécessaires, sans quoi la justification du passage reste de l'ordre du discours.
  • Political Geography: Afghanistan, America
  • Author: Gülçin Erdi Lelandais
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La littérature sur la question de l'internationalisation des conflits mais aussi sur la transnationalisation des mouvements sociaux s'est considérablement développée depuis les années 1990. Toutefois, la plupart des recherches effectuées en la matière sont centrées sur l'altermondialisme dans des pays développés - notamment les Etats-Unis, les pays d'Europe du Nord, et en partie ceux d'Amérique latine–et néglige l'émergence et le développement de ce phénomène dans d'autres régions du monde, le Sud de la Méditerranée entre autres. Nous constatons également que les études sur l'altermondialisme ne se sont pas vraiment penchées sur les significations de ce phénomène dans cette aire géographique. Nous disposons de peu d'éléments sur l'implication des pays de cette région dans l'altermondialisme, ou sur son intensité et son apport. De nombreux ouvrages publiés en France tentent certaines généralisations sur ces mouvements à partir du seul exemple des altermondialismes en Europe. Ce type d'approches entraîne le risque d'amener trop rapidement à des conclusions non nécessairement vérifiées par des analyses de l'autre côté de la Méditerranée. Par ailleurs, ce problème peut être accentué par l'absence de visibilité des organisations sur les zones géographiques précédemment citées. L'intérêt médiatique, mais aussi universitaire, est ainsi souvent dirigé vers les mouvements occidentaux, et lorsqu'une activité contestataire relativement importante apparaît dans un pays extra-européen de la Méditerranée, elle ne paraît pas susciter le même degré d'intérêt que ses homologues étrangers.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Donatella Della Porta
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Le 30 novembre 1999, à Seattle, ville américaine devenue le symbole de la New Economy, environ 50 000 personnes protestent contre la 3e conférencede l'Organisation mondiale du commerce (OMC) réunie pour lancer leMillenium Round, un nouveau cycle de négociations visant à poursuivre lalibéralisation du marché, en particulier celles des investissements et des services publics. Les manifestations de Seattle avaient été lancées en 1999 à Genève parune coordination d'organisations de provenances diverses, qui s'étaient déjàmobilisées avec succès pour empêcher la signature d'un traité international, leMultilateral Agreement on Investment (MAI), accusé de réduire, au nom dulibre-échange, la capacité des Etats à intervenir sur les enjeux sociaux et environnementaux.Les manifestations contre le Millenium Round–précédéesd'assemblées et d'initiatives de diffusion d'informations dans le monde entire3x2013;ont été organisées par 1 387 ONG, syndicats, écologistes et églises de différentes confessions. Parmi les slogans des manifestations, on trouve ceux-ci : « Theworld is not for sale » ; « No globalization without participation » ; « We arecitizens, not only consumers » ; « WTO–Capitalism without conscience » ;« Trade: clean, green and fair ».
  • Political Geography: America
  • Author: Raphaël Canet
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Ce cycle global de luttes se développe sous la forme d'un réseau réparti. Chaque lutte locale fonctionne sous le modèle d'un point nodal qui communique avec tous les autres sans passer par un centre ou un axe de direction. Chaque lutte reste donc singulière et liée à des conditions locales, tout en étant immergée dans un réseau commun. Ce type d'organisation est ce qui se rapproche le plus d'une expression politique achevée du concept de multitude. »
  • Political Geography: France
  • Author: Gülçin Erdi Lelandais
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Notre rôle, c'est de casser dans la tête des individus l'idée que tout est comme ça et que rien ne pourrait changer. Il faut arriver à convaincre les gens que si on se réunit, si on résiste, tout est possible. C'était le cas du 1er mars. Tout le monde a cru que le Parlement voterait naturellement pour la participation à la guerre en Irak, mais toutes les organisations de la société civile, ensemble, ont organisé une mobilisation tellement forte que ça a cassé l'image dans l'esprit des gens que la mobilisation sociale ne peut jamais affecter les politiques gouvernementales. »
  • Political Geography: Europe
  • Author: Eric Cheynis
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'approche sociologique de la participation au Forum social mondial implique de tenir compte de plusieurs aspects des conditions de cette pratique. Il s'agit tout d'abord de la resituer dans un espace international de l'altermondialisme et de l'analyser comme imbriquée dans des rapports de forces entre pays. Les types de contraintes (politiques, économiques, linguistiques) qui pèsent sur elle, tout comme la pluralité des offres d'engagement et les multiples usages et appropriations que recouvre le terme « altermondialisme », doivent également être examinés. Par ailleurs, la diversité des modes d'investissement dans cet espace ne se comprend que rapportée aux processus d'accumulation différenciée de capital international et aux rôles joués par les acteurs et institutions qui en sont les intermédiaires.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Timothy Peace
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Depuis 2001, en France comme en Grande-Bretagne, les « musulmans » et les associations qui les représentent ont été amenés à participer à plusieurs occasions au mouvement altermondialiste. On a notamment pu le constater lors des Forum sociaux européens (FSE) qui se sont tenus dans les capitales de ces deux pays. Cet engagement s'étant récemment affaibli, il est possible d'y voir un cas d'« altermondialisme oublié ». On a souvent pointé ces pays en raison de leur attitude divergente vis-à-vis de leurs minorités respectives et sur la place qu'y occupe la religion dans la sphère publique. Ces deux cas offrent donc aux chercheurs l'opportunité d'étudier comment ces différentes conceptions affectent les mouvements sociaux et leurs participants. Nous souhaitons montrer dans cet article que l'élément le plus notable de cette mobilisation musulmane est l'impact de celle-ci sur des mouvements altermondialistes euxmêmes et la manière dont elle a remis en question leur propre représentation de mouvements ouverts et « tolérants ». De nombreux spécialistes des mouvements sociauxont remarqué le fait que les acteurs de ces mouvements doivent souvent faire face à des dilemmes causés par le poids des identités religieuses et la difficulté de faire coexister celles-ci avec d'autres critères d'identification . Cet article cherche à mettre ces difficultés en avant, ainsi que les limites de la supposée « tolérance » des acteurs « traditionnels » de l'altermondialisme, confrontés à la participation des musulmans. Les FSE servent de lieu de rencontre et de discussion pour une myriade de groupes se réclamant de la mouvance altermondialiste. Cependant, l'événement en lui-même consiste à la fois en un forum officiel et en un « espace alternatif / autonome » agissant comme un événement annexe, composé de tous les groupes qui rejettent le processus officiel d'organisation. A l'intérieur du mouvement lui-même, on fait souvent référence à ce clivage en usant de l'expression « horizontaux contre verticaux », chacun des groupes ayant des conceptions opposées de la politique, des enjeux du FSE et du mouvement en general . Nous étudierons ici uniquement les forums officiels - en particulier ceux qui se sont tenus en région parisienne en 2003 et à Londres en 2004 - et nous ne traiterons donc que des acteurs « verticaux ».
  • Topic: War
  • Political Geography: Afghanistan, France
  • Author: Marie-Emmanuelle Pommerolle, Johanna Siméant
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: 19 janvier 2007, dans le confortable hôtel Six-eighty , au centre de Nairobi. C'est la soirée du CRID, le Centre de recherche et d'informations pour le développement, un collectif de cinquante-quatre associations de solidarité internationale qui constitue la principale structure de coordination des organisations françaises au Forum social mondial (FSM). Alors que la soirée se poursuit et que chacun présente son organisation et « ses partenaires », tout à coup, un groupe de jeunes Kenyans, aidés par le groupe des No Vox , brandit des pancartes. Une jeune femme kenyane prend la parole au nom du People's Parliament , une organisation dont elle explique qu'elle n'a pas été suffisamment associée au FSM et au travail du comité local d'organisation. Wangui Mbatia évoque le prix de la participation au FSM (500 shillings kenyans, soit, explique-t-elle, une semaine de nourriture pour une famille pauvre). La jeune juriste, comme on l'apprendra par la suite, incarnera tout au long du forum la contestation d'une partie des militants kenyans à l'égard d'un forum souvent dénoncé comme « une conférence internationale de plus ». Pendant tout le forum également se posera la question de la représentativité du People's Parliament : des rumeurs et insinuations circulent sur sa responsable, qui a étudié aux Etats-Unis, et que l'on retrouvera quelques mois plus tard aux protestations contre le G8 de Rostock. Mais la question est plus générale : qui a le droit de parler au nom des pauvres du Kenya et de l'Afrique lors des grands événements militants internationaux ?
  • Political Geography: Kenya, Africa, Nairobi
  • Author: Odaci Luiz Coradini
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Ce texte s'attache à présenter les premiers résultats d'une étude toujours en cours menée sur le 5e Forum social mondial (FSM), qui s'est déroulé à Porto Alegre du 26 au 31 janvier 2005. Plusieurs axes d'analyse ont présidé à cette étude. Nous nous sommes d'abord intéressés aux significations que peuvent avoir des réferentiels idéologiques, tels que le tiers-mondisme ou l'altermondialisme, dans des conditions diverses. Puis nous avons étudié les modalités des relations qu'entretiennent les participants et les organisateurs du FSM avec l'espace politique.
  • Political Geography: France
  • Author: Miriam Perier, Mathieu Pernot
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Des études en sciences dures ont finalement convaincu cet homme de suivre son oil, préalablement aiguisé par une sorte de « mythologie familiale » de la photographie, un art qu'il a véritablement découvert lors de son cursus à l'Ecole nationale de photographie d'Arles.
  • Political Geography: France
  • Author: Julian Jeandesboz
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La récente publication d'une « petite conférence sur la frontière », initialement prononcée le 18 novembre 2006 au Centre dramatique national de Montreuil, constitue un excellent prétexte pour revenir sur les réflexions menées par Etienne Balibar depuis plus de dix ans sur l'Europe, ses frontières et ses citoyens. La parution de cette « petite conférence », donnée devant un public majoritairement constitué de jeunes auditeurs, illustre à elle seule certaines des préoccupations de l'auteur quant au rôle général du travail (des) intellectuel(s) et quant au traitement d'une question qui, loin de n'être qu'un thème à laisser aux experts et aux militants, concerne également les sociétés et les citoyens européens dans leur ensemble. Son titre, Très loin et tout près, résume de manière simple l'une des préoccupations de la réflexion proposée par Balibar sur l'Europe, à savoir la nécessité de problématiser la constitution (à tous les sens du terme) d'un espace de gouvernement européen et les limites qui lui sont données sur le plan interne comme sur le plan externe par les acteurs dominants des processus d'européanisation communautaires, sous un angle politique qui serait celui d'un « droit de cité » conjoint aux ressortissants communautaires et extra-communautaires.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Chowra Makaremi, Carolina Kobelinsky
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « C'est vers l'autre monde que part le fou sur sa folle nacelle ; c'est de l'autre monde qu'il vient quand il débarque. [...] Situation symbolique et réalisée à la fois par le privilège qui est donné au fou d'être enfermé aux portes de la ville : son exclusion doit l'enclore ; s'il ne peut et ne doit voir d'autre prison que le seuil lui-même, on le retient sur le lieu du passage. Il est mis à l'extérieur de l'intérieur, et inversement. [...] Enfermé dans le navire, d'où il n'échappe pas, le fou est confié à la rivière aux mille bras, à la mer aux mille chemins, à cette grande incertitude extérieure à tout. Il est prisonnier au milieu de la plus libre, de la plus ouverte des routes : solidement enchaîné à l'infini carrefour. Il est le Passager par excellence, c'est-à-dire le prisonnier du passage. Et la terre sur laquelle il abordera, on ne la connaît pas, tout comme on ne sait pas, quand il prend pied, de quelle terre il vient. Il n'a sa vérité et sa patrie que dans cette étendue inféconde entre deux terres qui ne peuvent lui appartenir. »
  • Political Geography: France
  • Author: Morgane Iserte
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'objet de cet article est de décrire certaines procédures du « dispositif » de contrôle migratoire relatives à l'entrée sur le territoire français et au transit en zone dite internationale des étrangers, telles que mises en ouvre dans la zone d'attente du site aéroportuaire de Paris-Charles de Gaulle (CDG). Nous souhaitons ici illustrer la mutation des techniques de confinement des étrangers au regard de l'évolution des exigences sécuritaires en matière de contrôle de l'immigration au sein de cette plate-forme aéroportuaire, qui constitue le principal lieu de passage d'étrangers non admis sur le territoire et d'arrivée de demandeurs d'asile en France. Chaque année, 11 millions de personnes sont contrôlés à la frontière de Roissy. Ce pôle est aussi une zone d'activité de premier plan où travaillent 90 000 salariés dans 700 entreprises et dont la gestion représente un enjeu économique majeur. C'est enfin un « hub » international, c'est-à-dire un aéroport permettant aux passagers de changer rapidement et facilement de vol, où transitent chaque année près de 55 millions de passagers, véritable « point de connexion entre une multiplicité de flux ». Comme l'écrit Michel Serres : « Dans l'ensemble ruisselant du réseau, un tel noud joue le rôle d'un récepteur et d'un redistributeur, il synthétise et analyse, mélange, classe et trie, choisit et émet. Il importe et exporte ».
  • Political Geography: Paris
  • Author: Mathile Darley
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Les postes frontières sont sans doute la manifestation la plus évidente de l'implantation dans l'espace d'un élément de discontinuité (le poste et son aménagement architectural) explicitement affecté au contrôle des individus souhaitant entrer sur le territoire national ou en sortir. Souvent premiers points de contact du voyageur avec l'Etat sur le territoire duquel il pénètre et, à ce titre, premiers représentants de l'Etat-nation, les gardes-frontières incarnent l'ordre étatique légitime. A travers la matérialisation architecturale du poste frontière, l'Etat donne à voir le contrôle qu'il entend exercer sur son territoire par le filtrage des voyageurs cherchant à y pénétrer (ou à en sortir). De ce fait, les frontières ont souvent été présentées, notamment dans les nombreux travaux de recherche développés sur ce thème depuis le début des années 1990, comme le lieu privilégié d'investigation et d'interprétation des aspects symboliques de l'Etat, puisque s'y exerce « l'autorité souveraine de l'Etat d'exclure ». A cela s'ajoute le rôle croissant qu'on leur reconnaît géné ralement dans le dispositif politique, dans un contexte d'évolution supposée des risques sécuritaires vers des formes de plus en plus transfrontalières et non plus « stato-centrées ».
  • Political Geography: Europe
  • Author: Chowra Makaremi
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Les déplacements de populations sont au fondement d'une évolution des identités et des modes d'identification. Ils font l'objet d'une gestion politique fondée sur un rapport d'exclusion autour de lignes de fracture Nord-Sud et sur l'affirmation d'un contrôle étatique de la circulation. Les travaux qui posent les bases d'une telle approche insistent sur l'importance des modalités du déplacement comme un lieu d'observation privilégié de la réalité globale. Dans les pays occidentaux, le contrôle des frontières et la construction des « camps d'étrangers » témoignent de nouvelles distributions du pouvoir qui passent par l'accès à la mobilité. Le contrôle étatique des mouvements volontaires et forcés de populations s'impose donc à la fois comme un enjeu de gouvernement dans le monde contemporain et comme un angle d'approche pour en comprendre les évolutions essentielles, tel que le lien entre identité, nation et territoire. C'est autour des populations en déplacement que s'énoncent en effet certaines interrogations poli tiques actuelles liées à la notion de citoyenneté. D'une part, la gestion des populations étrangères met à nu la construction étatique de la communauté nationale. D'autre part, leurs modes d'existence esquissent des possibilités d'énonciation et de participation politique déconnectées du paradigme territorial, qui invitent à repenser la « localité » dans les conditions globales. Ces évolutions s'articulent notamment autour d'une ambivalence de la frontière, qui fait coexister deux réalités : celle de la déterritorialisation progressive des organisations socio-économiques et celle du renforcement des frontières comme lieu de pratiques administratives d'exclusion visant les individus. C'est ainsi que s'éclaire l'intérêt apparemment contradictoire des sciences sociales pour la remise en cause des liens entre territoires et identités et, en même temps, pour l'étude de la frontière comme espace sociopolitique. En effet, tandis que des travaux consacrés à la « mondialisation » remettent en question les monopoles de l'Etat et du territoire comme axes de gravité de la réflexion politique, les « borderlands » s'imposent comme des sujets d'étude anthropologique, engageant une réflexion sur la nécessité de repenser la séparation spatiale, les liens entre culture et territoire, spatialité et altérité, en particulier à travers une étude empirique renouvelée des espaces frontaliers et des modalités du contrôle des populations qui s'y joue.
  • Political Geography: France
  • Author: Chowra Makaremi
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Los desplazamientos de la población constituyen los cimientos de una evolución de las identidades y de los modos de identificación. Son objeto de una gestión política fundada en una relación de exclusión alrededor de las líneas de fractura Norte-Sur y en la afirmación de un control estatal de la circulación. Los trabajos que establecen las bases de este enfoque insisten en la importancia de las modalidades de desplazamiento como un lugar de observación privilegiado de la realidad global. En los países occidentales, el control de las fronteras y la construcción de los "campos de extranjeros" son el resultado visible de las nuevas distribuciones del poder que pasan por el acceso a la movilidad. El control estatal de los movimientos voluntarios y forzados de la población se impone a la vez como un desafío del gobierno en el mundo contemporáneo y como un ángulo de enfoque para comprender las evoluciones esenciales, tales como el vínculo entre identidad, nación y territorio. De hecho, se abren ciertos interrogantes políticos actuales ligados a la noción de ciudadanía alrededor de la población en desplazamiento. Por un lado, la gestión de la población extranjera deja al descubierto la construcción estatal de la comunidad nacional. Por otro lado, sus modos de existencia esbozan las posibilidades de enunciación y de participación política desconectadas del paradigma territorial, que invitan a repensar la "localidad" en las condiciones globales. Estas evoluciones se articulan especialmente en una ambivalencia de la frontera, que permite la coexistencia de dos realidades: la de la desterritorialización progresiva de las organizaciones socio-económicas y la del refuerzo de las fronteras como lugar de prácticas administrativas de exclusión de los individuos. De este modo, se explica el interés aparentemente contradictorio de las ciencias sociales para el cuestionamiento de los lazos entre territorios e identidades y, al mismo tiempo, para el estudio de la frontera como espacio sociopolítico. De hecho, mientras que los trabajos consagrados a la "globalización" cuestionan los monopolios del Estado y del territorio como ejes de gravedad de la reflexión política, los "borderlands" (territorios fronterizos) se imponen como objetos de estudio antropológico, entablando una reflexión sobre la necesidad de repensar la separación espacial, las líneas entre cultura y territorio, espacialidad y alteridad, en particular a través de un estudio empírico renovado de los espacios fronterizos y de las modalidades de control de la población que allí se encuentra.
  • Political Geography: Paris
  • Author: Christel Cournil
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Par deux décisions rendues les 12 octobre 2006 ( Mubilanzila Mayeka et Kaniki Mitunga c./ Belgique ) et 26 avril 2007 ( Gebremedhin c./ France ) portant sur les droits des étrangers et les obligations positives et négatives des Etats en zones d'attente, la Cour européenne des droits de l'Homme a condamné la Belgique et la France, d'une part sur les négligences des autorités belges à l'égard des conditions de détention et de refoulement d'une mineure étrangère non accompagnée et, d'autre part, sur l'ineffectivité de la protection juridictionnelle des étrangers demandant à être admis à entrer sur le territoire national autitre de l'asile (ceux, donc, qui ne sont pas admis).
  • Political Geography: France
  • Author: Sarah S. Willen
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Depuis le début de l'année 2007, près de 10 000 hommes, femmes et enfants venant d'Afrique–pour la plupart du Darfour, du Sud6Soudan et de l'Erythrée–ont traversé la longue frontière poreuse entre Egypte et Israël pour demander l'asile En Israël, cet afflux inattendu de demandeurs d'asile a généré beaucoup de controverses politiques, d'attention publique et d'activités militantes locales. D'un côté, la récente affluence de réfugiés est abordée et débattue du point de vue de l'autodéfinition démographique que s'est attribuée le pays en tant qu'Etat « juif et démocratique ». Elle est travaillée par un sentiment que l'on pourrait qualifier d'« inquiétude démographique » devant la probabilité d'un afflux imminent bien plus important de réfugiés en provenance de pays africains en crise. D'un autre côté, toutefois, ces discussions sont déterminées par le fait que certains de ces demandeurs d'asile ont vécu des horreurs faisant écho à la mémoire collective juive-israélienne de la Shoah ou de l'Holocauste : ceux qui ont fui ce que la communauté internationale décrit comme le génocide du Darfour. En d'autres termes, ces dispositions israéliennes en faveur d'un sous-groupe spécifique de réfugiés ne dépendent pas simplement du fait que ces individus ont fait l'expérience d'une souffrance et d'un exil, mais elles tiennent plutôt à une proximité entre la forme particulière de souffrance à laquelle ils ont été exposés et les souffrances subies par les juifs dans l'Europe nazie–proximité qu'un journaliste qualifie d'« affinité de génocide ».
  • Political Geography: Europe, Israel
  • Author: Christophe Wasinski
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: En tant qu'outil traditionnel du pouvoir, il est légitime que les forces armées fassent l'objet d'attention notamment de la part de représentants politiques, de journalistes, de membres d'organisations non gouvernementales et, bien entendu, de chercheurs. Cette attention porte très régulièrement sur le déroulement et les résultats des opérations. Ainsi, les victimes civiles et militaires des conflits provoquent ponctuellement des débats publics, plus ou moins importants relatifs aux engagements et aux moyens mis en oeuvre. C'est d'ailleurs le cas de nos jours, à propos de l'Irak, dans plusieurs Etats membres de la coalition attaquante. Il arrive également que des questions portant sur le matériel militaire déclenchent d'importantes réactions populaires. En guise d'exemple on se souviendra des impressionnantes manifestions qui avaient suivi la décision de déployer des missiles nucléaires américains en Europe occidentale (les « euromissiles ») au début des années 1980. Enfin, la légitimité des doctrines militaires sous-jacentes aux actions des forces armées peut être mise en question. Cela a par exemple été régulièrement le cas par des chercheurs de sciences politiques spécialisés dans le domaine des relations internationals. Bien qu'elle provoque rarement le déplacement de foules contesta- trices cette dernière forme d'investigation est essentielle dans la mesure où elle interroge l'essence même des pratiques militaires. La doctrine militaire codifiant la raison d'être de l'institution, son analyse paraît incontournable (au même titre qu'il parait incontournable que la société puisse enquêter et légiférer, par exemple sur les techniques de production des biens alimentaires).
  • Political Geography: Europe
  • Author: Antonia Garcia Castro, Tomas Ruiz-Rivas
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: « Cependant, cela ne fait pas de doute que la société a besoin de constructions symboliques, et plus encore quand elle affronte des faits si difficiles à assumer par la raison. Et c'est de cela dont nous allons parler aujourd'hui, demain et après-demain. Du rôle que joue ou peut jouer l'art dans un débat plus large sur les disparus, de la possibilité de la représentation de l'horreur, des limites de cette représentation et de sa transcendance, ou de sa non-transcendance, politique, et aussi de la question de savoir si les arts du visuel peuvent construire des "lieux". Si elles peuvent jouer un rôle dans la restitution du disparu au temps historique duquel il a été arraché ».
  • Political Geography: Europe
  • Author: Anthony Amicelle
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Objet atypique de par l'action publique transversale qu'elle mobilise, la facette financière de l'antiterrorisme a constitué la première réponse de l'administration américaine aux attentats de New York et Washington en 2001. En promulguant le décret présidentiel 13224 le 24 septembre 2001, Georges W. Bush a rendu publique la liste de vingt-sept individus et organisations présumés « terroristes » et a–entre autres choses–ordonné le gel de leurs avoirs financiers. Le front financier a ainsi marqué les prémices de la « guerre contre le terrorisme ». Deux objectifs traversent cet aspect de la stratégie antiterroriste : pister l'argent afin de suivre les « terroristes » à la trace et geler les fonds afin de perturber leurs activités.
  • Political Geography: Washington
  • Author: Carolina Kobelinsky
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Arrêtée par des gendarmes dans un centre d'accueil de la région lyonnaise en octobre 2007, une famille albanaise déboutée du droit d'asile fut envoyée dans un centre de rétention en vue de son expulsion. Malgré la mobilisation associative, le renvoi s'effectua quelques semaines plus tard. D'après la presse, les voisins assistèrent au déploiement en masse des forces de l'ordre et des pompiers dans le but d'empêcher que la famille s'échappe par la fenêtre. Déboutés par la Commission de recours des réfugiés, les membres de la famille étaient convoqués au Tribunal administratif après avoir demandé la suspension de la mesure d'éloignement ainsi qu'un réexamen du dossier. Les gendarmes se dirigèrent toutefois au Centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA), forcèrent la porte de la chambre et conduisirent la famille - y compris les enfants - en rétention. Selon un journaliste de Libération, un responsable de l'association gestionnaire s'est défendu répétant : « C'est la loi, rien que la loi. On n'y peut rien ».
  • Political Geography: France
  • Author: Michel Peraldi, Karine Bennafla
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Issus d'un colloque organisé à Tanger , les articles de ce numéro ouvrent des perspectives géographiques variées pour décrire la modernité de mondes sociaux construits autour de lieux frontaliers, en tirant parti au niveau économique, culturel et politique de la rupture de souveraineté instituée par la frontière. Ce n'est certes pas nouveau de considérer que les frontières font monde et que s'organisent, en ces bords d'Etat, des lieux très paradoxaux, puisqu'ils semblent nier la possibilité même de la frontière, formant pont et continuité là où, souvent, le politique voudrait rupture et limite, socialement stériles, de l'exercice d'une souveraineté. De nombreux travaux ont déjà mis en evidence les divers usages de la frontière et évoqué la vie sociale, économique, culturelle qui continue bien au-delà des limites territoriales et politiques de la souveraineté, avec son lot d'hybridations et d'enchevêtrement créatifs. Dans la forme impériale de l'Etat, du reste, ce type de frontière floue et poreuse a été codifié et souvent parfaitement organisé comme, par exemple, le limes romain. Les articles présentés ici rappellent fort opportunément que les frontières sont des lieux avant d'être des lignes, et que l'existence même de ruptures en matière de souveraineté est facteur, sinon de solidarités affranchies ou remobilisées par cette rupture, du moins d'opportunités économiques et sociales.
  • Author: Sabine Guez
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Replaçons dans leur contexte les deux histoires / carrières individuelles autour desquelles s'articule cet article : l'essor du trafic de drogue dans le Nord mexicain depuis les années 1980.
  • Author: Daniel Meier
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Depuis la fin de la guerre civile, la situation des réfugiés palestiniens au Liban a fait l'objet de nombreuses enquêtes et publications. Il faut dire que, dans l'ensemble du monde arabe, le Liban se distingue par sa politique fort restrictive et discriminante à l'égard de ces « étrangers » dont le statut de réfugié n'est pas officiellement reconnu. Les acteurs politiques de l'après-guerre ont donc érigé une véritable frontière entre Libanais et réfugiés Palestiniens au Liban. On peut même dire qu'une partie de l'identité nationale libanaise s'est reformulée autour de la figure honnie du réfugié palestinien, rendue responsable de la guerre civile que le Liban a connu entre 1975 et 1990. De façon symptomatique, les travaux traitant de la réconciliation post-conflit ont largement laissé de côté la problématique des relations libano-palestiniennes, tandis que la politique de reconstruction / réconciliation mise en place par les gouvernements successifs de la seconde République a purement et simplement ignoré l'existence des réfugiés palestiniens.
  • Topic: Government
  • Political Geography: Palestine, Lebanon
  • Author: Raluca Nagy
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Du fait de sa position géographique et de sa réalité historique, le Maramures est depuis toujours une région assez isolée, bénéficiant d'une autonomie interne importante.
  • Political Geography: Transylvania
  • Author: Halirou Abdouraman
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Ala fin des années 1970 et au début des années 1980, une sécheresse perma-nente ravage tout le Sahel africain. Outre de nombreuses morts, onconstate que des milliers de personnes migrent d'une région à une autre, endépit des frontières interétatiques existantes. C'est dans ce contexte de criseque des populations nigérianes se mettent à occuper certaines îles camerounai-ses surgies à la suite de l'assèchement du lac Tchad. Peu après, l'administrationnigériane du Borno State appuie cette occupation en y établissant sa domina-tion sur des territoires qui, théoriquement, se trouvent en terre camerounaise.Chose curieuse, l'installation nigériane ne semble pas être considérée commeétrangère. En effet, au moment ou les deux Etats se disputent la paternité decertaines îles du lac Tchad, des populations d'origines diverses (camerounai-ses, nigérianes, maliennes, tchadiennes, centrafricaines, etc.), liées par l'exploi-tation des ressources du lac, notamment le poisson, y vivent en paix.
  • Political Geography: Nigeria, Cameroon, Northern Mali, Borno State
  • Author: Lisa Anteby-Yemeni
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Israël, souvent présenté comme un pays aux frontières hermétiques, en particulier médiatisées par la construction du Mur de séparation avec les Territoires palestiniens, possède également une frontière longue de 220 km avec l'Egypte, qui semble, quant à elle, fort poreuse à bien des égards. Il existe encore peu de travaux sur cette frontière, bien que cette dernière suscite un intérêt croissant depuis quelques années, avec le passage clandestin de migrants économiques et de demandeurs d'asile, mais aussi en raison de l'intensification de trafics d'êtres humains.
  • Political Geography: Israel, Egypt
  • Author: Dominique Vidal
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'étude des migrations contemporaines rencontre la question des frontières sous au moins trois angles. Celui, en premier lieu, des frontières étatiques dont la mise en place et le développement ont été analysés comme l'élément politique permettant de distinguer l'immigration moderne d'autres formes de migrations, lorsqu'un migrant franchit une frontière juridique etdevient un étranger. Celui, en deuxième lieu, de la recherche urbaine quimontre que les grandes métropoles, tout en constituant plus que jamais desdestinations pour les migrants, voient se développer des frontières sociospatiales résultant de l'action de ceux qui cherchent à se protéger de l'altérité. Celui, enfin, des travaux sur l'ethnicité soulignant que des frontières ethniques se construisent dans les relations entre immigrés et populations plusanciennement installées.
  • Topic: Development
  • Political Geography: Africa
  • Author: Antonio Garcia Castro
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Nous publions ici trois documents étroitement liés au dossier consacré à la question des « disparus » de la guerre civile espagnole, paru dans notre précédent numéro. Ces documents, conçus comme des annexes dudit dossier, entendent introduire, pour ainsi dire fugacement, d'autres regards sur ce qu'engagent les actuelles exhumations des fosses communes de la période franquiste.
  • Political Geography: America
  • Author: Günter Schwaiger
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Ce film se structure autour d'une fouille dans le village de Santa Cruz, où, comme dans d'autres villages espagnols (d'où le nom du film « Santa Cruz, par exemple »), on a découvert une fosse commune datant de la période franquiste. Outre l'expérience même de l'exhumation, Günter Schwaiger a filmé les réactions des villageois et les témoignages de plusieurs personnes dont les proches ont été enterrés là, puis déterrés. Ce film a par ailleurs été l'une des pièces essentielles de la vidéo-installation « Fosse commune » réalisée en partenariat avec Tomás Ruiz-Rivas.
  • Author: Marie-Paul Jeunehomme
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La réalisatrice belge Marie-Paule Jeunehomme a récemment consacré un documentaire à la question des exhumations en Espagne. Le film appelé Los Nietos (les petits-enfants) se passe à San Pedro Mallo, un petit village du Bierzo où il existe une fosse clandestine, renfermant un corps, celui de Leonides Rodríguez. C'est lui que l'on cherche et, ce faisant, la réalisatrice recueille la parole de ceux qui, à un titre ou à un autre, se sentent concernés par ce travail. Nous reproduisons ci-après un bref entretien ainsi que quelques extraits de dialogues issus du film.
  • Author: Montserrat Sans
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: C : En 2002, vous avez présenté un texte devant le groupe de travail de l'ONU sur les disparitions forcées de personnes. Quel était l'enjeu d'une éventuelle intervention de l'ONU dans ce cas précis, en relation au cas des disparitions perpétrées en Espagne ? Montserrat Sans : Ce n'est qu'en 2001 que les nouvelles générations, nées après la transition espagnole, prennent conscience de l'ampleur des atrocités de la guerre civile (1936-1939), des milliers de corps anonymes sans sépulture, de la chape de plomb sur la répression franquiste. Le silence sur l'horreur de cette guerre a continué à peser dans le quotidien de la transition à la démocratie (1976-1978). Les manuels scolaires ne parlaient ni des milliers de fusillés, ni des dizaines de camps de prisonniers politiques, mais insistaient seulement sur les aspects militaires des grandes batailles. Avec l'irruption sur la scène publique du journaliste Emilio Silva recherchant son grand-père fusillé par les troupes franquistes, et retrouvant à ses côtés les treize corps des conseillers municipaux du Bierzo, la presse espagnole a commencé à se faire l'écho d'un phénomène jusqu'alors inavouable : des milliers de disparus jonchent les terres d'Espagne ! Comment justifier que, après pratiquement trois décennies, la démocratie n'ait pas eu un geste institutionnel à l'égard des familles de ces instituteurs, travailleurs agricoles, ouvriers « paseados » par les troupes du général Franco ? L'action devant le Groupe de travail sur les disparitions forcées de l'ONU se situe dans un double contexte national : le second mandat du président Aznar, chantre de la droite catholico- nationaliste qui établit que la démocratie est née par génération spontanée au moment de la transition espagnole, niant donc toute légitimité à la République espagnole ; et le verrouillage systématique du pouvoir judiciaire, à savoir : L'impossibilité d'obtenir un mécanisme institutionnel donnant aux familles des victimes antifranquistes la possibilité de récupérer leurs corps (droit à exhumer) ou d'obtenir des informations sur les circonstances et le lieu de leur mort (identification des restes, transfert des corps vers des cimetières municipaux, etc.). L'attitude des juges déboutant à coups de loi d'amnistie (voir ci-après) toutes les demandes des familles clamant leur droit à donner une digne sépulture aux restes d'un père, allant même, dans certains cas, à nier l'existence même de la victime par manque de preuves. L'urgence de trouver une solution pour des dizaines de veuves dont le dernier désir était de reposer auprès de leur mari. Face à ce blindage légal et judiciaire, l'internationalisation du phénomène, l'appel à l'aide de l'ONU étaient incontournables pour mettre en évidence le manque de protection juridique des familles de disparus, le maintien du deuil suspendu qu'implique toute disparition, et l'impunité gérée par les autorités en place. Toutes ces conditions sont conformes à ce que la communauté internationale qualifie comme un affront à l'humanité.
  • Political Geography: Spain
  • Author: Rémi Guittet
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Aen croire ses propres mots, Foucault rêverait de disparaître et de ne plus faire office que de point absent d'un discours qui puisse se passer de lui et le laisser hors-champ. Si tout discours, et éminemment un discours de professeur au Collège de France, est en effet un discours de pouvoir, on comprend que la position critique soit contrainte de tendre vers l'anonymat, nom transitoire de la disparition. Disparaître, se laisser traverser par le discours, et non l'investir d'un pouvoir, en faire le lieu de la critique sans en faire le lieu d'un nouvel ordre, voilà le but idéal, au sens fort (il est régulateur et non atteignable en tant que tel), vers lequel tend dans la pratique la critique foucaldienne. En quoi consiste-t-elle ? Refuser les discours qui utilisent des essences universelles comme principes régulateurs. Refuser l'insistance du pouvoir qu'ils représentent. Les contourner pour en extirper la position archéologique, l'implicite normativité qu'ils véhiculent et construisent tout à la fois. Contre eux, privilégier le « spécifique », ce qui dans un endroit donné se réalise et touche les acteurs qui y prennent part, et qui n'est pas à penser en référence à un système d'interprétation préétabli, autrement dit une norme, ou des universaux, mais au contraire comme l'inédit qui ne s'y laisse pas réduire.
  • Political Geography: France
  • Author: Louis-Jean Duclos
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: A en croire l'historien Robert Muchembled, la violence est en voie constante de régression. Ce n'est en tout cas pas l'avis du philosophe Georges Labica, ni de son collègue Frédéric Gros qui, sous des intitulés respectivement ambitieux et ambigu, ont labouré le même champ mais pas vraiment traité le même le sujet.
  • Author: Didier Bigo, Riccardo Bocco, Jean-Luc Piermay
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Dans le registre des frontières, le thème des marquages et des disputes fait référence à des situations chaudes, sinon brûlantes, souvent fortement médiatisées. Il évoque Israël et la Palestine, le Moyen-Orient, Berlin, l'Irlande du Nord, les ruptures entre le Nord et le Sud de la planète auxquelles se heurtent les migrants internationaux et toutes les frontières qu'Evelyne Ritaine liste dans sa contribution. Le Mur (sous-entendu, c'était une évidence, celui de Berlin) fut l'archétype de ces frontières vives. Peut-être n'a t-il été que le précurseur d'une forme spatiale renouvelée s'inscrivant de manière très novatrice dans la vie des sociétés. Les enjeux terminologiques et taxinomiques, souvent de véritables « appellations contrôlées », sont en tout cas multiples, à la fois juridiques et symboliques, comme l'ont bien révélé le débat sémantique entre « mur » et « barrière » dans les Territoires palestiniens occupés, ou celui sur les softening strategies à Belfast–formes de banalisation des dispositifs de separation–qui a finalement permis d'étiqueter ces derniers comme « peacelines ».
  • Political Geography: Israel, Palestine
  • Author: Evelyne Ritaine
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Paradoxe : dans notre univers de mobilité généralisée, l'érection de murs de séparation est devenue une pratique fréquent, visant à empêcher la circulation des personnes. La multiplication de ces murs de séparation ne peut que laisser perplexe dans un monde défini comme un espace de flux et de risques globaux ; dans un monde qui est aussi une société de contrôle, dominée par la logique des nouvelles technologies d'information, où « ce qui compte n'est pas la barrière, mais l'ordinateur qui repère la position de chacun, licite ou illicite, et opère une modulation universelle ».
  • Author: Cedric Audebert, Nelly Robin
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Au début de l'année 2006, l'opinion internationale s'est émue du naufrage, aux frontières de l'Europe, de milliers d'émigrants clandestins subsahariens, dont le destin tragique rappelle celui des boat people antillais ayant tenté de rejoindre les Etats-Unis au cours des trois dernières décennies. Quoique la dimension politique ait joué un rôle majeur dans la genèse des premiers flux massifs de boat people haïtiens et cubains dans les années 1960, les migrations maritimes subsahariennes et caribéennes répondent à des déterminants similaires. Elles expriment l'acuité de la crise économique sévissant dans les pays d'origine et correspondent à une demande sociale, dans un contexte où la migration de l'individu est perçue comme un préalable nécessaire à l'ascension sociale du collectif familial.
  • Political Geography: United States, America, Europe
  • Author: Cedric Parizot
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: A'été 2002, le gouvernement d'Ariel Sharon lance la construction d'une« barrière de sécurité » (gader bitahon) autour de la Cisjordanie. Prévuepour s'étendre sur près de 723 km de long, cette structure vient consoliderphysiquement le régime de séparation que les Israéliens ont imposé auxPalestiniens depuis la période d'Oslo (1993-2000). Elle est alors présentéecomme une solution radicale au conflit. L'érection de murs de bétons et degrillages doit fournir une parade décisive contre les attentats-suicides palestiniens en territoire israélien. Elle doit, ensuite, restaurer les limites souverainesde l'Etat d'Israël. En 2005, trois ans après son lancement, les attentats ontconsidérablement diminué et les ouvriers palestiniens qui travaillaient enIsraël semblent avoir complètement disparu. Dans l'esprit d'une grande partiede la population israélienne, la construction de cet édifice a atteint son but, leconflit a été déplacé « de l'autre côté du mur ».
  • Political Geography: Israel, Palestine
  • Author: Florine Ballif
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Presque vingt ans après la chute du mur de Berlin, la recrudescence de la fer- meture des territoires et la prolifération des murs est un trait caractéristique du monde contemporain. De nouveaux systèmes de fermeture et de contrôle des frontières sont édifiés en de nombreux points de la planète : sur la frontière Etats-Unis - Mexique, la barrière de sécurité entre Israël et Palestine à proximité de la « ligne verte », à la périphérie des presidios espagnols de Ceuta et Melilla au Maroc, pour les plus connus. Les murs séparant des frontières territoriales coupent parfois des villes en deux, comme c'était le cas à Berlin et désormais à Chypre. Dans les espaces urbains ordinaires, les barrières aux formes variées se multiplient. Les gated communities, quartiers fermés, transforment et cloison- nent le tissu urbain des grandes métropoles du Nord comme du Sud.
  • Political Geography: United States, Israel, Berlin
  • Author: Karine Bennafla
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Cet article est consacré à l'étude d'un conflit local au Liban, un pays du Proche-Orient abritant officiellement dix-sept « communautés » confessionnelles. Cet enchevêtrement de frontières intérieures sur un territoire restreint alimente des troubles récurrents, comme en témoignent les affrontements intercommunautaires de mai 2007 ou la guerre civile qui a meurtri le pays durant quinze ans (1975-1990), transformée au fil du temps en guerre de clans et de factions. De nombreux écrits sont consacrés à ces déchirements libanais, surtout de la part d'historiens, de politologues ou de sociologues. Notre étude de cas revient sur ces tensions politico-confessionnelles libanaises non pas d'un point de vue sociologique mais géographique, en les abordant à une échelle micro et en privilégiant une entrée spatiale. Le conflit d'appropriation foncière qui secoue la bourgade d'Anjar (qui compte environ 5000 résidents) montre la transcription au sol des frictions communautaires et des stratégies identitaires avec, pour corollaires, l'élaboration d'une frontière – entendue comme limite politique transcrite dans l'espace – et un conflitde mémoire, celle du lieu disputé.
  • Topic: Sociology
  • Political Geography: Middle East, Lebanon
  • Author: Alessandro Dal Lago
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Ils ont quitté l'Afrique la veille de Noël pour partir à la recherche d'une vie meilleure en Europe. Au lieu de cela, le bateau à bord duquel ils se trouvaient a conduit les migrants à la mort, allant à la dérive sur 2000 miles à travers l'Océan Atlantique jusqu'à l'île Barbade dans les Caraïbes.
  • Political Geography: Europe, Atlantic Ocean
  • Author: Rada Ivekovic
  • Publication Date: 04-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Nous entrevoyons plus rapidement que nous ne le pensions les limites de la civilisation occidentale moderne, dont avait si magistralement parlé Radomir Konstantinovic dans son livre prophétique La Philosophie de bourg. Selon lui, à vouloir épargner à tout le monde la politique et la subjectivation, on se dirige tout droit vers la dépolitisation et la violence (il a rédigé son ouvrage durant la Guerre froide, mais ses propos sont valables au-delà du grand partage de l'époque et de la modernité). Selon lui, on se dirige également vers ce que l'on appelle ailleurs le « populisme ». Nous verrons dans cette chronique, avec Ernesto Laclau, qu'il existe une autre lecture de ce terme. Lors de la rédaction du livre de Konstantinovic, nous n'étions pas encore sous le règne de la gouvernance. Le mur de Berlin tomberait des deux côtés et, après l'écroulement instantané des régimes communistes, s'effondrent à leur tour, à retardement, les libertés en Occident. La gouvernance capitaliste reproduit les pires des effets de la pensée unique que le « monde libre » reprochait autrefois au camp adverse.
  • Author: Pierre Piazza, Didio Bigo
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: A l'échelon transnational, le partage d'informations sur des personnes s'accélère et s'amplifie. Présenté comme un indispensable impératif pour faire face efficacement à des risques et des menaces susceptibles de saper les fondements de la démocratie (terrorisme, criminalité organisée, immigration illégale, fraudes, etc.), cet échange emprunte une multitude de canaux communicationnels et institutionnels, et utilise des dispositifs technologiques de traçabilité et d'anticipation. L'interconnexion observable entre bases de données contenant des informations personnelles ou des profils anonymisés, et servant à élaborer des listes d'individus à surveiller, s'opère normalement à travers des circuits officiels de justice criminelle, de contrôle des frontières et de surveillance des flux de capitaux. Mais au nom de la lutte antiterroriste et du renseignement préventif, les règles de contrôle – judiciaires ou parlementaires – qui les régissent ont été assouplies et on a vu se multiplier les canaux officieux entre acteurs du renseignement. Ce phénomène se constate à l'échelle locale et régionale avec les croisements de fichiers, ou tout simplement viales rencontres entre personnels venant des services de police, des services sociaux ou des mairies ; à l'échelle nationale avec l'intégrations de fichiers relevant de services de police et d'immigration différents ; à l'échelle européenne avec les bases de données Eurodac ou Europol ; à l'échelle transatlantique avec des échanges formels et informels accélérant la circulation des informations ; à l'échelle internationale, enfin, avec la participation de régimes non démocratiques 4. La croyance en une possible prévention des comportements humains agressifs via une information à la fois totale, ciblée et en temps réel, a amené à faire confiance à des technologies qui prétendent pouvoir combattre l'incertitude en anticipant le pire des futurs et en le corrigeant avant qu'il n'advienne. La liste des technologies et surtout leur mise en réseau est maintenant considérable et nous n'en connaissons au quotidien que quelques rares éléments : Passengers Name Records dans les aéroports, visas d'entrée et de sortie électronique, passeports avec identifiants biométriques dynamiques, blocage de cartes de crédit à l'étranger, etc. Pourtant, la panoplie s'étend de la surveillance des conversations jusqu'aux drones visant à tuer à distance, en passant par des reconfigurations des états psychologiques de consommation et de citoyenneté 5. Sans même parler des pratiques illégales qui ont accompagné cette recherche d'information tout azimut – attribuées le plus souvent à des agents trop zélés – la logique même qui sous-tend le système est problématique au regard des libertés publiques. En effet, ces échanges de données à l'échelle transnationale ont eu tendance à décontextualiser les informations, à les agréger de manière parfois erronée, et à créer des erreurs de jugement entraînant des conséquences humaines graves pour les individus qui en sont victimes.
  • Author: Ilsenq About
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Entre 1860 et 1930, l'évolution des relations entre les agents de l'autorité et les groupes mobiles de « Bohémiens » ou « Romanichels », suivant les expressions employées à l'époque en France, montre combien les forces de l'ordre s'investissent alors dans le contrôle des populations tsiganes. L'assimilation progressive de ces communautés à un fléau social et la dénonciation des formes du vagabondage auxquelles elles sont abusivement associées, contribuent à rompre un équilibre, certes fragile, qui avait été établi depuis le XVIIIe siècle avec les populations locales. Un processus est alors enclenché qui conduit à la suppression des régimes d'échanges sociaux ou éco- nomiques constitués auparavant, et à la mise en oeuvre d'une forme inédite de contrôle des personnes et de surveillance des déplacements. Ce processus historique complexe empruntant la voie d'une marginalisation sociale et d'une stigmatisation sur le plan du droit a été interprété comme l'expression d'une nationalisation impossible des Tsiganes en Europe entre le XIXe et le XXe siècle. Cette « cassure » trouve notamment ses origines dans l'imposition d'un dispositif policier et administratif spécifique, particulièrement renforcé dans l'ensemble des pays d'Europe de l'Ouest entre la fin des années 1890 et la veille de la Première Guerre mondiale.
  • Author: Anthony Amicelle, Gilles Favarel-Garrigues
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Toutes les stratégies actuelles de lutte contre le terrorisme et les délinquances transnationales comportent un volet financier qui promeut une surveillance accrue des mouvements de capitaux. Les mesures mises en oeuvre prennent diverses formes, parmi lesquelles se distinguent l'imposition de sanctions économiques ciblées (« listes noires »), la communication transnationale de données personnelles et la délégation à des acteurs privés de prérogatives policières. Plus de 170 juridictions nationales sont aujourd'hui engagées dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Dans chacune de ces juridictions, l'action gouvernementale s'appuie sur la vigilance des institutions privées chargées de détecter les transactions et les clients suspects et de transmettre les informations pertinentes aux services de renseignements compétents. Il s'agit en premier lieu des banques, mais bien d'autres professions sont aujourd'hui concernées (compagnies d'assurances, offices de notaires, cabinets d'avocats, etc.). Les établissements bancaires ont ainsi dû concevoir et mettre en oeuvre des procédures de surveillance de la clientèle au nom des missions que les gouvernements leur demandent d'assumer.
  • Author: François Lenfant, Lie van Broekhoven, Frank van Lierde
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'essor du rôle des ONG en tant qu'acteurs exerçant une influence croissante dans les relations internationales a fait l'objet de nombreuses recherches ces dix dernières années. Pour beaucoup de chercheurs, ce phénomène résulte des défaillances aussi bien du secteur public (gouvernement) que privé (marché). Ces défaillances sont d'autant plus manifestes dans les nombreuses situations de crises humanitaires où les ONG, aussi bien locales qu'internationales, se sont vu attribuer de plus en plus de responsabilités. Dans de telles situations, le rôle qui leur est désormais dévolu inclut non seulement la protection des personnes et la prévention d'abus à leur encontre, mais aussi la mise en place de mécanismes d'alerte et le plaidoyer pour les droits de la personne, la socialisation et le renforcement de la cohésion sociale, la médiation, les activités de consolidation de la paix, etc. L'interpénétration des domaines de l'humanitaire, du développement et de la transformation des conflits a été finement analysée par Mary Anderson. À ses yeux, l'aide humanitaire ne doit pas seulement être fournie de façon responsable afin de minimiser son impact sur le conflit, mais elle doit aussi réduire les tensions entre combattants. Cette extension des activités des ONG dans des domaines que l'on peut qualifier de politiques rend encore plus complexes et ambiguës les relations déjà tendues que les ONG, aussi bien nationales qu'internationales, entretiennent avec les gouvernements. En effet, ces derniers ont tendance à appliquer une définition restrictive de l'humanitaire, ce qui leur permet de mettre en question la légitimité des ONG à intervenir hors de ce cadre prédéfini. Suite aux nombreuses crises humanitaires des années 1990 qui ont mis en exergue les déficiences inhérentes à une stricte application du droit international humanitaire dans la protection des populations, les ONG ont reconstruit leur légitimité en s'appuyant sur un système de valeurs morales inspirées de la déclaration universelle des droits de l'homme. Néanmoins, que leur légitimité soit fondée sur un socle normatif légal ou moral, les ONG travaillant dans des situations de conflit sont confrontées à de nombreux dilemmes, en particulier celui qui renvoie à leur positionnement vis-à-vis des gouvernements. Cette tension qui caractérise les relations entre gouvernements et ONG en ce qui concerne la définition et le champ d'intervention de l'humanitaire a été exacerbée par le contexte de la « guerre contre le terrorisme ».
  • Political Geography: Afghanistan
  • Author: Mathijs Le Rutte
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Si une personne ou un groupe de personnes est persécuté, il lui est possible de fuir vers un lieu plus sûr. En revanche, si la population mondiale dans son ensemble est menacée, où peut-elle aller ? La menace du terrorisme a modifié les attitudes, les perceptions et les mécanismes d'adaptation. Opposant la sécurité à la liberté, elle a créé une polarisation entre ceux qui prétendent que la recherche de la sécurité justifie la limitation des droits et des libertés et ceux qui pensent que rien ne justifie l'atteinte aux libertés fondamentales.
  • Author: Rocco Bellanova, Paul de Hert
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: De plus en plus, les systèmes de sécurité font appel à des technologies de l'information visant à collecter, conserver et traiter des données personnelles. Même si la surveillance, la gestion et le contrôle des individus et des populations s'ancrent dans une histoire longue, l'introduction de ces nouvelles technologies semble contribuer à modifier l'objectif que leur assigne les pouvoirs publics, le réorientant vers la prévention et le contrôle « à distance » des possibles menaces ou crimes. Les données ne sont plus seulement collectées et stockées à des fins de procédure judiciaire, mais elles sont accumulées et thésaurisées, pour agir « le cas échéant ».
  • Author: Pierre Piazza, Alex Türk
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Une autre caractéristique du progrès technologique est que ses effets sont marqués par une propension à s'universaliser, à se globaliser. Dans le domaine du traitement informatique de données, cela se traduit, bien sûr, par le formidable essor des délocalisations de traitements et l'émergence, dans des pays jusqu'alors peu impliqués dans le traitement de l'information, d'activités de développement logiciel, de sous-traitance et de maintenance à distance. La maîtrise, par les Etats-Unis, des modes de traitement et d'organisation de l'information (systèmes d'exploitation, logiciels, outils de recherche, etc.), conduit également à multiplier les échanges de données à destination de ce pays.
  • Author: Stephan Davidshofer, Dick Marty
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Cet entretien a été réalisé avec Dick Marty qui a maintes fois été activement confronté – au long de sa carrière de Parlementaire mais également de magistrat – à la défense de l'Etat de droit et des libertés civiles. Cet entretien porte notamment sur les suites de son action en tant que rapporteur pour le compte du Conseil de l'Europe sur l'affaire dite des prisons secrètes de la CIA en Europe dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » depuis les attentats du 11 septembre 2001 2, ainsi que sur son « actualité » visant à replacer la défense de l'Etat de droit au centre des enjeux de la lutte contre le terrorisme.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Gülçin Erdi Lelandais
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: L'exode rural qui se développe fortement en Turquie à partir des années 1950 a entraîné à la périphérie d'Istanbul l'apparition de gecekondu (bidonvilles) , puis leur multiplication en raison à la fois de l'absence de politiques publiques d'aménagement urbain d'une part, et des calculs électoraux des responsables politiques de l'autre. L'ouverture des négociations avec l'Union européenne en 2006 et le choix d'Istanbul comme capitale culturelle de l'Europe pour l'année 2010 ont été l'occasion pour la Turquie de mettre sur pied un vaste projet de transformation urbaine dont un des aspects est la destruction des bidonvilles pour les remplacer rapidement par des cités d'immeubles construites par Toplu Konut Idaresi (TOKI), institution publique de construction de logements collectifs. Contrairement aux années 1980 et 1990 où ce type de construction était localisé dans les quartiers périphériques il s'agit maintenant, au coeur des villes, de restructurer des zones considérées comme insalubres, mais à fort potentiel immobilier, pour y installer des populations socialement et financièrement aisées.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Christophe Charle
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Depuis une quinzaine d'années, l'historiographie et la science politique aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne sont traversées par des discussions intenses autour des notions d'Empire, de colonialisme et d'impérialisme alors que ces thèmes avaient en partie disparu de la bibliographie après la guerre du Vietnam. Dans le même temps, l'histoire coloniale et les études post-coloniales ont débattu des réalités et des limites de ces notions, qu'elles soient abordées du côté des sociétés colonisées ou à partir des sociétés colonisatrices. Les différents courants historiographiques s'affrontent en particulier sur la question de savoir quelle était la véritable relation entre l'intérieur et l'extérieur de l'Empire, qu'il s'agisse des puissances coloniales et des espaces coloniaux ou semi-coloniaux. La division du travail académique dans les pays concernés a eu pour effet notamment d'isoler une branche « histoire coloniale », largement séparée de l'historiographie de la métropole – la rencontre entre histoires nationale et coloniale ne s'opérant qu'au moment des crises ou des guerres : période de conquête ou de mise sous influence, période de révolte ou de décolonisation. Une des controverses les plus importantes a concerné le monde britannique où s'opposent grosso modo « intentionnalistes » et non intentionnalistes, tenants de la réalité d'un impérialisme culturel et global dans la lignée d'Edward Saïd, et sceptiques doutant de l'existence d'un veritable « projet impérial » au-delà de quelques élites ou groupes de pression. Nombre des controverses proviennent de la labilité des notions d'Empire, de colonie, de société coloniale, d'impérialisme, mais surtout de la tendance de chaque branche de l'historiographie à séparer ce qui ne l'est pas dans la réalité, à essentialiser comme concepts « durs » des configurations qui varient à travers le temps et l'espace social et géographique, à confondre les intentions affichées des acteurs et les effets involontaires de leurs actions ou décisions, à négliger aussi les interactions avec les autres mondes coloniaux et impériaux, à privilégier les sources les plus accessibles et centrales ou encore à limiter le questionnaire à tel ou tel aspect de la relation de domination interne et externe.
  • Political Geography: Vietnam
  • Author: Christophe Wasinski
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La guerre est malheureusement loin d'avoir disparu du paysage international . Après la fin de la guerre froide, les forces armées ont continué à se préparer à ce phénomène comme l'ont bien montré, au cours des années 1990 et au début des années 2000, les projets de Révolution dans les Affaires Militaires ou de Transformation aux Etats-Unis. Plus encore, de nombreuses armées se sont régulièrement impliquées dans des opérations guerrières diverses comme en Irak en 1991, au Kosovo en 1999, en Afghanistan depuis 2001 et encore en Irak depuis 2003. Comme l'ont pourtant noté Keith Krause et Michael C. Williams, de façon étonnante et en dépit de sa prégnance, la violence guerrière reste sous-théorisée par les recherches interprétatives en relations internationals.
  • Political Geography: Afghanistan, Kosovo
  • Author: Joseph Soeters, Delphine Resteigne
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: La coopération multinationale dans le registre militaire n'est pas quelque chose de tout à fait nouveau. Même si l'on en parle davantage depuis ces dernières années, déjà pendant la Seconde Guerre mondiale, les forces alliées opéraient côte à côte contre l'ennemi. Ainsi, la libération du continent européen fut le résultat de l'effort collectif des troupes issues de différents pays. Et si chacune agissait de manière relativement isolée et visait des objectifs propres, toutes ces actions étaient cependant coordonnées dans le cadre d'une seule et même mission menée sur le vieux continent. Tout au long de l'histoire, nous pouvons relever d'autres exemples d'actions militaires multinationales que ce soit en Europe ou ailleurs comme, par exemple, le soutien apporté aux otages occidentaux pendant la révolte des Boxers à Pékin il y a plus d'une centaine d'années. Dans cette action courte mais décisive, le corps expéditionnaire (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne et Empire austro hongrois), allié aux unités russes et japonaises, réussit rapidement à s'assurer la victoire et ce, malgré certaines tensions durant la marche vers Pékin. Toutefois, par rapport à ces précédentes collaborations, les coalitions militaires actuelles sont devenues incontournables et ne constituent plus, comme autrefois, des cas de figure isolés. Depuis la fin de la guerre froide, quatre facteurs ont encouragé cette coopération croissante entre les armées nationales. Premièrement, cette collaboration accrue est liée à la professionnalisation des forces armées car, avec la fin de la conscription observée dans un nombre croissant de pays, toute une série de changements structurels et institutionnels ont été entrepris pour réduire les effectifs de forces. Dans certains pays, comme en Belgique, cette diminution a été renforcée par les effets négatifs d'une pyramide des âges déséquilibrée et par un manque de jeunes recrues pouvant être déployées en opérations. Deuxièmement, avec la fin de la menace soviétique (et plus récemment les effets de la crise financière sur les budgets nationaux), nous avons assisté à une diminution importante des montants consacrés aux dépenses militaires. Aussi, les différentes armées ont été de plus en plus enclines à unir leurs efforts pour éviter toute duplication inutile de moyens. Troisièmement, en raison de menaces plus diffuses, les tâches opérationnelles nécessitent que les effectifs soient maintenus pour des durées d'intervention plus longues. La nature des missions ayant gagné en complexité, les militaires doivent à la fois faire preuve de flexibilité tout en étant spécialistes, ce qui complique d'ailleurs la détermination a priori de scénarios d'engagement. Enfin, cette collaboration internationale est également facilitée par les progrès technologiques observés dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) qui améliorent l'échange d'informations et la coordination entre les différents intervenants. Dès lors, comme c'est le cas dans le domaine des affaires et du commerce international, la coopération militaire multinationale n'est plus confinée à quelques rares missions et, à un niveau plus macro-structurel, elle est même devenue indispensable. Dans une Europe composée d'une myriade de petits pays, nous avons ainsi progressivement assisté à une augmentation et à une institutionnalisation des composantes militaires multinationales comme l'Eurocorps, les Corps germano-néerlandais, germano-français ou encore nord-est. A cela, se sont récemment ajoutés, depuis début 2007, les groupements tactiques européens qui servent à la fois d'instrument opérationnel de gestion de crises et d'outil de transformation militaire européenne. Du côté de l'OTAN également, tant du côté du volet opérations que de la transformation, nous retrouvons également des configurations organisationnelles multinationales. Pour les « petits » pays, ces collaborations présentent certains avantages et permet tent ainsi de prendre part simultanément à différentes missions sans pour autant prendre en charge la totalité des coûts liés à un déploiement opérationnel. Ce partage des coûts et des risques permet ainsi de déployer des capacités dans des domaines d'action liés à des niches de compétences spécifiques. Mais, à l'heure actuelle, aussi pour s'assurer une certaine légitimité, cette collaboration multinationale est également soutenue par les plus grands pays, comme l'illustrent les récentes coalitions engagées en Irak ou en Afghanistan. Nous avons aussi assisté à un phénomène de centralisation opérationnelle au sein d'états-majors interarmés mais nous remarquons, et c'est ce qui fait l'objet du présent article, que cette multinationalisation ne s'observe plus uniquement au niveau des fonctions d'états-majors mais commence à descendre vers les plus bas échelons de la hiérarchie, pour certaines fonctions spécialisées ou lors des temps libres tout du moins. Ainsi, lorsqu'ils sont déployés dans des théâtres d'opérations, les militaires partagent les mêmes camps avec d'autres militaires étrangers avec lesquels ils seront parfois aussi amenés à travailler, même si certains obstacles continuent à ralentir ce processus descendant de multinationalisation. En outre, depuis quelques années, la composition plus diverse des forces d'intervention a été renforcée par une plus grande diversité interne liée à l'ouverture des forces armées à de nouvelles catégories de personnel. En opérations, cette complexité organisationnelle se voit en outre renforcée par deux autres facteurs de diversité à savoir le caractère interforces, liées à la présence de différentes spécialités et composantes et le caractère interagences de par la collaboration avec les intervenants civils. Dans les lignes qui suivent, nous ne nous pencherons pas sur ce dernier point, mais nous nous limiterons plutôt à la coopération militaire multinationale. Avec, en toile de fond, ce contexte de plus grande diversité – interne et externe –, l'objectif visé dans le présent article est, d'une part, de revenir sur la notion même de culture pour avancer une approche pragmatique et différenciée de culture militaire. Ensuite, dans une perspective plus empirique, il s'agit d'analyser les stratégies de coopération relevées dans plusieurs études de cas menées in situ ainsi que les obstacles majeurs qui continuent d'entraver une intégration accrue.
  • Political Geography: Europe
  • Author: Loncon Mackenzie, Dider Bigo
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: J'ai examiné la déclaration de ce vendeur, et deux choses se sont produites. La première c'est que j'ai immédiatement repensé le problème du nom et de ce qu'il représente sachant que plusieurs noms sont rattachés à ces deux endroits que ce soit des noms contemporains, historiques, coloniaux, précoloniaux ou linguistiques. La seconde est que le pays en question, actuellement nommé « République démocratique du Congo », situé au centre de l'Afrique et sur l'équateur, est effectivement plus grand en terme de kilomètres carrés que cet espace au nord, bien que l'image que chacun de ces espaces renvoie au monde soit très différente.
  • Author: Celine Jouhanneau
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Il est des domaines de recherche où l'interdisciplinarité ne reste pas un voeu pieux, comme en témoignent deux récents ouvrages relatifs aux sorties de conflits armés. Souvent dominés par des visions linéaires formulées en termes de pacification inexorable ou de transition de la guerre à la paix, les travaux sur les périodes d'après conflit ont récemment connu de remarquables avancées, tant en histoire que dans les sciences sociales du politique – or ces évolutions sont longtemps restées parallèles. Depuis une dizaine d'années des spécialistes des conflits contemporains ont finement montré la porosité des frontières entre le temps de la guerre et celui de la paix. De la sociologie politique et de la sociologie du droit ont en outre émergé des analyses des politiques de sortie de la violence attentives aux jeux d'échelles et d'acteurs qui sous-tendent la circulation internationale des modèles de « résolution de conflit ». En histoire, c'est le développement de l'histoire culturelle de la guerre qui a inspiré les travaux sur les sorties de guerre. Cette dernière a en effet offert à l'investigation historique de nouveaux objets et questionnements sur « les outillages mis en oeuvre par les hommes et les femmes pour donner sens au monde en guerre » 3 et suscité des réflexions sur « la persistance, en temps de paix, des constructions idéologiques forgées en temps de guerre ». Quoique parallèles, ces chantiers de recherche ont montré les continuités et les discontinuités de certaines pratiques et représentations entre l'avant-guerre, la guerre et l'aprèsguerre. La lecture croisée des ouvrages dirigés par les historiens Bruno Cabanes (Yale University) et Guillaume Piketty (IEP de Paris), d'une part, et par la politiste Nathalie Duclos (Université François Rabelais de Tours), d'autre part, révèle toute la fécondité de questionnements interdisciplinaires pour comprendre la complexité et la fragilité des processus à l'oeuvre après la cessation des hostilités.
  • Author: Xavier Crettiez
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Alors que l'actualité ne cesse d'égrener son lot d'arrestations de militants nationalistes basques et que chaque prise policière est l'occasion d'annoncer la mauvaise santé de l'organisation ETA en même temps que de poser un regard enthousiaste sur l'efficacité de la coopération franco-espagnole, paraissent deux ouvrages de bonne facture sur la violence au Pays Basque.
  • Political Geography: Europe, Paris
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Cette nouvelle livraison de la revue Cultures Conflits présente un dossier consacré à des usages variés de la « biopolitique », issue des travaux de Michel Foucault. Au-delà de cette notion, cet ensemble est à replacer dans le cadre plus large des discussions portant sur les transformations contemporaines de l'exercice du pouvoir. D'un point de vue général, il entend en cela prolonger un certain nombre de réflexions initiées depuis une dizaine d'années dans la revue, au sujet des formes contemporaines de l'exception politique (n° 58, 61 et 68), des technologies de contrôle et de surveillance des individus (n° 53, 55, 64, 74 et 76) ou des pratiques de marquage et de mise à l'écart de certaines catégories de population (n° 49, 57, 69, 71, 72 et 73). D'un point de vue particulier, il s'agit ici, conformément à la vocation de la revue, de se placer sur le plan de l'analyse des relations internationales.
  • Topic: Government
  • Author: Michael Dillon
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Pour ceux qui nourrissaient l'espoir de comprendre les propositions de Michel Foucault à propos de la naissance de la biopolitique, le cours du même nom qu'il donna au Collège de France en 1978-1979 sonne comme une déception. Il s'agit du dernier cours d'une série de trois. Le premier avait été Il faut défendre la société, en 1975-1976 ; le second Sécurité, territoire et population en 1977-1978. Foucault y avait abordé la formulation du politique et de la sécurité à l'ère moderne en général, de la gouvernance (governance), du biopouvoir et de la biopolitique en particulier. Foucault avait anticipé cette déception que risquait de susciter à ses yeux La Naissance de la biopolitique, s'excusant même, en ouverture de la huitième Leçon, de s'être détourné du plan annoncé du cours. « Je voudrais vous assurer, malgré tout, que j'avais bien l'intention, au départ, de vous parler de biopolitique et puis, les choses étant ce qu'elles sont, voilà que j'en suis arrivé à vous parler longuement, et trop longuement peut-être, du néo-libéralisme, et encore du néolibéralisme sous sa forme allemande ».
  • Author: Alexandre MacMillan
  • Publication Date: 05-2014
  • Content Type: Journal Article
  • Journal: Cultures Conflits
  • Institution: Cultures Conflits
  • Abstract: Michel Foucault, dans ses travaux sur les relations de pouvoir contemporaines, a identifié deux modes principaux de fonctionnement du pouvoir politique : la discipline et la biopolitique. D'abord, les travaux de Foucault sur la discipline ont décrit les sociétés modernes comme des sociétés basées sur le modèle d'un espace clos et quadrillé. Selon une perspective « micropolitique », la forme que revêt le pouvoir moderne ne peut être limitée à l'Etat. L'espace disciplinaire est caractérisé par une relation asymétrique qui traverse la vie des individus et informe l'usage qui sera fait des « corps dociles » ainsi constitués. Les travaux ultérieurs de Foucault sur la biopolitique pointent vers un autre modèle, qui semble mieux à même de rendre compte des problèmes traditionnels de l'analyse politique, à savoir l'Etat, et le rapport entre gestion politique et exercice gouvernemental. En effet, là où la discipline rendait compte de la « micropolitique » du pouvoir, des relations locales dans le cadre d'un milieu clos où les relations de pouvoir vont tout réglementer, la biopolitique implique quant à elle « l'étude de la rationalisation de la pratique gouvernementale dans l'exercice de la souveraineté politique ». La biopolitique permet donc avant tout de rendre compte de la logique qui informe l'Etat souverain moderne, ainsi que des transformations de l'action gouvernementale dans le cadre d'une économie de type libéral.